Réforme des institutions; Pour un point !

Drôle d’anniversaire que réserve le président Sarkozy à notre cinquième République qui à quelques jours près, va fêter ses cinquante ans. Depuis de longs mois déjà, députés et sénateurs se sont penchés sur la question de la réforme des institutions pour soi-disant donner plus de pouvoir au Parlement au détriment du président de la République, sensé donc en perdre ?
Cinquante ans d’existence sans grands changements, critiquée par la gauche du temps du Général de Gaulle puis de Pompidou et Giscard d’Estaing pour enfin être adoptée sans coup férir par cette même gauche de Mitterrand. Franchement, il y a de quoi en perdre son latin tant les uns et les autres voulaient la retoucher sans trop oser le faire, parce que l’on sait ce qui marche par expérience mais qu’en revanche l’on ignore ce que le changement pourra produire. D’ailleurs les Français ont horreur du changement et des réformes, surtout celles qui ont tendance à les pénaliser ; ce qui en fin de compte est très humain. Et puis était-ce bien le moment de lancer un tel chantier alors que notre économie est en panne et l’Europe à la dérive ? Certains diront que les deux candidats à la Présidence avaient promis de réaliser cette réforme bien sûr de façon tout à fait différente si l’on en croit le choix du parti socialiste qui y est hostile malgré les grandes manœuvres de son chantre Jack Lang à qui revient le point de la victoire. Et puis les promesses électorales ! Il y a belle lurette que les Français n’y croient plus si l’on en juge par le nombre croissant des abstentions. L’augmentation du pouvoir d’achat qui nous avait été promise en est la plus marquante illustration et il est à parier qu’il en sera de même pour le déficit budgétaire soi-disant ramené à zéro en 2012. Mais revenons à notre réforme à laquelle notre président s’est accroché à un point tel qu’il n’a pas hésité à faire le marchand de “tapis” pour emporter l’adhésion du congrès à Versailles et ce faisant, redorer un blason qui a tendance à se ternir de jour en jour. Il est à parier que dans les semaines à venir, certains vont bénéficier de leur ralliement pour ne pas dire de leur reniement. Pourront-ils encore se regarder dans la glace ? Il faut dire que Versailles en est largement pourvu… Et tout ça essentiellement pour pouvoir venir devant le Parlement deux fois par an afin d’expliquer aux élus sa politique. Il aurait pourtant dû comprendre que dès l’instant où il a été élu, le Président a fait le choix d’abandonner l’esprit partisan de quelques camps que ce soit pour n’avoir à s’adresser qu’aux Français et que pour ce faire, il a à sa disposition tous les moyens de communication, de la presse à la radio en passant par la télévision. Au lieu de cela, il a laissé vacante sa place de président de l’UMP pour continuer à se comporter en homme de parti dont les dernières déclarations ont mis en fureur les syndicats au risque de provoquer une rentrée que l’on est en droit de redouter au plan social. Il reste que le pays pourra faire l’économie d’un premier ministre qui n’aura plus aucune raison d’être puisqu’en plus le Parlement aura la possibilité d’interpeller le Président. Nous aurons une satisfaction : celle de pouvoir réunir quatre millions de signatures pour faire organiser un référendum. Chiche, et si l’on reparlait de la ratification du traité de Lisbonne ! Décidément les Gaulois marchent de plus en plus sur la tête, et c’est Louis XIV qui doit être heureux de constater qu’en construisant Versailles, il allait faire œuvre utile en 2008. Gouverner c’est prévoir et détricoter l’esprit de la cinquième République c’est prévoir le pire. Alors !

 Francis Manaud


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