Quid du Quinquennat ?

Vers la fin de son deuxième mandat de sept ans le Président Jacques Chirac a consenti à faire passer à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Peut-être pensait-il alors qu’il aurait pu accomplir un autre mandat puisque la constitution de la cinquième république ne le lui interdisait pas.
Tel ne fut pas le cas, en effet les sondages ne lui laissaient guère l’espoir d’un quelconque succès. Le congrès de Versailles ayant ratifié cette disposition, objet préalable d’un référendum, désormais le président gouvernerait cinq ans avec la possibilité d’être réélu autant de fois que le lui permettraient ses concitoyens, ce qui est dans l’esprit du Gaullisme, fusion quasi charnelle entre le peuple et le chef qui est son serviteur. Les présidents qui se sont succédé ont tous envisagé de réduire la durée du mandat sans que cela fût concrétisé dans les faits peut être pour la raison rappelée plus haut. Il n’est pas interdit aujourd’hui après un an de mise en œuvre de s’interroger sur le bien fondé de cette réforme et de l’utilisation qui en est faite. La concomitance des élections présidentielle et législative ne laisse aucune alternance possible dans le cas où les affaires de la France viendraient à péricliter ; ce qui hélas semble se produire aujourd’hui. En effet élu pour cinq ans il est peu probable que le Président prenne la responsabilité de dissoudre la chambre pour risquer en plus de devoir se soumettre à une opposition qui rendrait inopérante la poursuite de ses projets de réforme.

Seul pare-feu : le référendum

Le décalage antérieur permettait a contrario au peuple d’exprimer son opinion voire son refus de la politique suivie, ce qui dans le passé, a entrainé une cohabitation qui n’a été possible que par le manque de réalisme des Présidents Mitterrand et Chirac qui auraient dû tirer les conséquences de l’échec de leur politique et donner leur démission. Leur refus de le faire a certainement eu pour conséquence le retard pris dans notre pays dans de nombreux domaines car ces périodes ont été marquées par un immobilisme d’observation. Le grand défaut du quinquennat semble quant à lui provenir du temps trop court accordé au Président. En effet dans le cas où il aurait l’intention de faire un autre mandat, il accélère, pour ne pas dire qu’il précipite, les réformes pour pouvoir présenter un bilan sur lequel appuyer sa nouvelle candidature. Or les reformes essentielles à faire dans notre pays doivent faire l’objet d’études approfondies et surtout d’un consensus des partis concernées pour éviter de mettre dans la rue des cohortes de mécontents le plus souvent par manque d’explications. On ne réforme pas sans expliquer, et expliquer pour convaincre prend du temps. Et puis pourquoi ne pas s’interroger sur la capacité à gouverner d’un Président ? Il a beau avoir été élu, sa politique à un moment ou à un autre peut s’avérer contre productive voire incohérente et dangereuse. Dans ce cas le seul pare-feu possible serait le référendum d’initiative populaire que malheureusement nous n’avons pas dans la constitution et qui serait une disposition qui rendrait la conduite de l’Etat plus sereine. En ayant cette possibilité et en  revenant au septennat nous aurions à la fois stabilité et sûreté : deux ingrédients indispensables pour guider notre pays tout au long du 21e siècle.

Francis Manaud



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