Prémonition…

Il faut croire que les Français ont un sens aigu de la prémonition. En rejetant en 2005 la constitution européenne, avaient-ils l’intuition de ce qui allait se passer six ans plus tard dans l’économie européenne et plus particulièrement dans la zone euro ? Il n’est pas sûr que leur “non” soit en totalité en adéquation avec ce qui se passe à l’heure actuelle, mais il n’en est pas moins vrai que la situation est à ce point tendue que la remise en cause de la construction européenne devient sérieuse en même temps que préoccupante. Depuis plusieurs mois, la France et l’Allemagne ne cessent de se réunir sans parvenir à s’accorder sur les remèdes à apporter aux dettes cumulées dans les divers pays par suite du non respect de la fameuse clause de stabilité par rapport au PIB. Cette divergence met en exergue ce qui n’a jamais été pris en compte dans nos divers traités, à savoir le tempérament des peuples qui composent l’union européenne. A peine commence-t-on à faire le distinguo entre les pays du sud plus laxistes et les pays du nord plus sérieux dans la gestion de leurs économies. En fondant l’Union sans tenir compte de cette réalité historique et géographique, les promoteurs ont commis une très grave faute qu’il faut maintenant essayer de réparer puis de prendre en compte pour que l’avenir ne soit plus encombré par les mêmes inconvénients. Nous aurons bien de la chance si Berlin accepte une mutualisation de la dette mais Berlin aura à son tour bien de la chance si nous acceptons de voir nos budgets contrôlés de près par on ne sait quelle commission supra nationale non élue par les peuples.

Un Parlement coûteux et inefficace

Il faut sans aucun doute, si les marchés nous en donnent le temps, revoir tous nos traités et refonder l’Europe en étant réalistes et en la débarrassant de toutes les scories qui empêchent son épanouissement. On pourrait commencer par la commission européenne constituée de membres non élus plus préoccupés de problèmes subalternes que des questions essentielles. Son président actuel figure d’ailleurs parmi les abonnés absents dans ce qui pourtant constitue la plus grave crise de l’Union. Au Parlement européen, il semble que les élus passent plus de temps en déménagements entre Strasbourg et Bruxelles, et en querelles partisanes qu’à promouvoir des lois qui assurent la cohérence du système. A trop compliquer les choses, on les rend inopérantes. C’est le cas d’un parlement pléthorique coûteux et inefficace. Chaque pays européen a un président qui représente son peuple et un vote à vingt-sept doit largement suffire pour déterminer la marche de l’ensemble. Un pays, une voix, quelque soit par ailleurs son importance en richesse ou en population. La démocratie n’a que faire de tenir compte de l’importance de celui qui vote. Contrairement aux autres puissances du globe, nous avons un handicap : la multiplicité des langues. Il doit être compensé par l’efficacité, la rapidité des décisions, qui sont les conditions pour satisfaire les marchés dont on s’aperçoit de l’impatience et de la réactivité. Une refonte complète mais simple des traités qui nous lient ; le reste viendra tout seul avec la volonté et le concours des peuples.



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