Premier tour, épilogue

Francis Manaud

Le premier tour de la présidentielle terminé, il convient de tirer les enseignements de ce scrutin, non pas sur les résultats que l’on doit accepter comme tels, mais sur la façon dont il s’est déroulé. Il convient en premier lieu de revenir sur la façon dont les candidats ont été admis à concourir, en particulier sur les fameuses cinq cents signatures qui ont été bien loin de faire consensus. Pour les principales formations politiques rien à dire, leur représentation étant largement assurée par le nombre de leurs adhérents. Pour les autres, leur fiabilité est plus contestable, surtout quand certains de leurs représentants déclarent haut et fort qu’ils n’ont aucune intention de diriger le pays. Dès lors leurs candidatures sont réduites à la forme d’une simple tribune, ce qui n’est pas à la hauteur de l’importance de l’enjeu. Ce n’est pas tant le nombre de candidats qui pose problème mais la crédibilité de ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes. Il conviendrait en conséquence de faire précéder cette élection par une pré-consultation référendaire en ayant déterminé auparavant la quantité minimum de voix exigibles pour concourir. Cela entraînerait à n’en pas douter une sélection suffisamment sérieuse pour que la campagne ne mette en scène que des candidats crédibles et représentatifs de la population. Il faudra modifier la constitution en conséquence pour que la campagne se réduise à cinq ou six candidats ; ce qui impliquerait des alliances et une consistance des débats.

Du business

L’autre question majeure qui porte sur la forme, c’est bien sûr l’utilité des sondages et leur fiabilité. C’est un vieux rêve de l’homme que de pouvoir prédire l’avenir et de se projeter suffisamment en avant pour modifier le cours des choses. On comprend déjà que si la publication de sondages a précisément pour but d’influencer ce cours des choses, cela pose un problème d’éthique par rapport à une élection, même si l’on prend la précaution d’en relativiser l’efficacité. C’est ce que font les sondeurs en prenant la précaution de dire qu’il ne s’agit que d’une photographie à un instant «T» De plus, il n’est de secret pour personne que ces instituts sont loin d’être d’une totale impartialité et qu’ils appartiennent tous de près ou de loin à des sensibilités politiques. Ils sont là pour faire du business ; ce qui est d’autant plus facile que ceux qui leur passent commande, sont des clients à gros moyens qui n’hésitent pas à multiplier leurs demandes. On a pu remarquer d’ailleurs que les candidats sont de plus en plus réservés sur la prise en compte des ces sondages dont ils se méfient à juste titre puisque la dernière élection à l’instar de beaucoup d’autres, a pointé du doigt les lacunes, voire les erreurs. On peut dire sans se tromper qu’ils ont tout fait faux depuis le chiffre de la participation jusqu’à ceux des pourcentages obtenus par chacun des candidats. Il est à remarquer d’ailleurs qu’ils ont montré profil bas lors des commentaires pour ne pas dire qu’ils en ont été absents. Souhaitons qu’à l’avenir ils s’abstiennent ou alors qu’ils se consacrent exclusivement à la recherche des numéros gagnants du Loto.



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