Pluralité…

C’est au cours du journal de 20 heures de TF1 que Dominique de Villepin a annoncé son intention de se présenter au suffrage universel pour briguer la présidence de la République Française. La journaliste qui le recevait, marqua un temps d’arrêt comme si cette annonce ne correspondait pas à ce qui était attendu de l’opinion publique. La suite de la semaine devait confirmer cette sensation en même temps que s’animaient les commentaires de tous les chroniqueurs pour qui cette candidature semblait totalement incongrue. La première objection venait du fait que n’ayant jamais eu recours au suffrage des électeurs pour une élection quelconque, le faire pour l’élection suprême paraissait totalement irréaliste. Il semblait que pour eux, le fait d’avoir été premier ministre ne soit pas suffisant pour la justifier. Vint ensuite l’objection selon laquelle prétendre se présenter sans l’appui d’un parti politique puisqu’il ne préside qu’un mouvement, relevait de la mission impossible. Puis ils posèrent la question des cinq cents signatures d’élus difficiles à obtenir notamment compte tenu de la pluralité des prétendants et de cette déclaration tardive. Enfin pour couronner le tout, le manque de moyens nécessaires pour mener une campagne digne de ce nom. Ce grand remue “méninges” aura eu le mérite de mettre en lumière tout ce qui rend cette campagne présidentielle hors du commun et la raison pour laquelle aussi tout semble être mis en œuvre pour éliminer des candidats dont les médias n’ont que faire car ils ne sont pas dans la statistique des “possibles”.

Les mêmes têtes et les mêmes rengaines

Tous ces candidats ne sont-ils pas là pour faire valoir leur égo alors même qu’ils sont certains de n’être jamais président de la république ? Tout se passe comme si une fois pour toutes, les sondages avaient décidé à la place des électeurs, pour ne s’intéresser qu’aux trois ou quatre candidats les mieux placés selon des critères dont la pertinence reste à prouver. En effet comment juger de la valeur d’une candidature alors même que rien n’est fait pour la faire connaître et plus encore quand tout est fait pour la rendre sans intérêt ? Et pourquoi les seuls critères d’argent ou d’appartenance à un parti politique seraient-ils les uniques déterminants ? En réalité, il serait bon de se demander si les électeurs n’en ont pas assez de voir les mêmes têtes réciter les mêmes rengaines, qui se sont avérées incapables des années durant à mener une politique qui sorte notre pays de l’ornière dans laquelle elles nous ont conduits. Alors il faut en trouver d’autres, d’autres qui disent autre chose que des couplets désormais éculés. Il existe dans le championnat de football, la coupe de France, ouverte aux clubs de toutes les catégories. Il n’est pas rare de trouver en phase finale de petites équipes qui n’ont rien à envier à celles qui bénéficient pourtant de toutes les largesses et de toutes les facilités qui s’avèrent insuffisantes pour l’emporter. Pourquoi n’en serait-il pas de même en politique et donc pourquoi de petits candidats ne feraient-ils pas mieux que ceux que nous avons depuis hélas trop longtemps ? La question est posée aux électeurs mais aussi aux élus sans étiquette qui ont le devoir démocratique de leur permettre de s’exprimer.



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