Pas d’Europe sans les peuples

Il est un fait certain, l’Europe ne pourra pas se faire sans l’adhésion des peuples qui la composent et qui la souhaitent. En tout cas, sûrement pas de la façon qui leur est proposée. Car les peuples sont pragmatiques, c’est ce qui leur a permis de se constituer en pays et d’avoir leur originalité propre. Comparons l’Europe à une équipe de football. Dans cette équipe chaque joueur a sa propre valeur, qu’il met à la disposition du groupe que constitue l’équipe dans le but de gagner. Or l’Europe ne fonctionne pas en équipe.
Chaque pays veut prendre ce qui lui convient et se désintéresse du reste, tout en espérant qu’in fine le résultat global sera bon. Il faut apprendre à jouer collectif mais pour cela il faut des règles simples compréhensibles par tous. En ce sens l’Euro en tant que monnaie unique est une réussite, acceptée par tous, même si la Banque Centrale ne poursuit qu’un seul objectif : juguler l’inflation sans prendre en compte les difficultés engendrées par sa faible parité avec le dollar. Le désaveu des peuples avec la construction européenne est dû essentiellement à l’apport trop brusque de nouveaux pays qui ont rendu la gouvernance avec le traité de Rome obsolète et inappropriée. Et c’est cette confusion entre le fonctionnement de l’institution et son contenu, confronté aux résultats pour le moins décevants que les peuples constatent, qui accentue une fissure de plus en plus béante. Il faut donc tout repenser en commençant par des relations fondamentales communes telles que la politique agricole ou encore la politique monétaire. Redéfinir la politique migratoire et rendre responsables les pays face à la délivrance des permis de séjour et de travail.

Décisions courageuses

Adopter une justice commune qui n’interfère pas avec celle de chacun des pays et surtout harmoniser une fois pour toute une fiscalité en amenant progressivement chacun des pays membres à un niveau de vie identique quitte momentanément à pratiquer un isolement propice à une mise à niveau qui ne pénalise personne. Une telle façon de voir les choses devrait permettre l’ouverture d’un marché considérable sans oublier de privilégier nos entreprises dans nos rapports avec les autres concurrents pour éviter une trop grande pénétration des produits hors zone. Alors peu importe les calculs compliqués de la double majorité ou de la représentativité de chaque pays dès lors que globalement les citoyens des pays concernés se rendront compte des avancées économiques ; ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Comment faire confiance à une institution quand l’on voit la mise en scène des problèmes liés à la pèche qui vont faire disparaître une quantité considérable de professionnels du secteur ? Si la fiscalité était identique dans tous les pays de l’Union, il serait on ne peut plus facile de procéder à des baisses de TVA sur le fuel sans pour autant pénaliser tel ou tel. Il faut désormais que l’Europe s’attaque aux vrais problèmes de fond et les institutions suivront d’elles mêmes, car pour reprendre l’exemple du football, à quoi serviraient les règles s’il n’y avait personne pour les appliquer ? Et que l’on ne dise pas que cela est impossible, nos ministres respectifs sont là pour se réunir et prendre des décisions courageuses. C’est ce que l’on attend d’eux et la politique suivra pour peu que le progrès économique et social soit au rendez- vous.

 Francis Manaud


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