Paradoxe

Un couple de lesbiennes a exercé un recours auprès du conseil constitutionnel pour faire reconnaître leur union dans le cadre d’un mariage, contrairement à ce qui est prévu au code civil qui ne stipule que le consentement des couples hétérosexuels. Leur demande a été rejetée au motif qu’il appartenait au législateur de faire éventuellement évoluer le code civil en ce sens. On ne peut qu’être étonné d’un tel empressement à vouloir régulariser ces unions par le mariage alors que dans le même temps les couples hétérosexuels désertent par le divorce ce même mariage dans une proportion de plus en plus importante puisque elle se situe aux alentours de 50 %. On comprend bien que le mariage confère aux couples de nombreux avantages juridiques et sociaux que ne leur confère pas le Pacs qui a voulu être une réponse partielle aux préoccupations des couples d’un même sexe ou d’un sexe différent. Il faut tout de même convenir que le mariage au-delà du pacte civil revêt un caractère religieux qui concrétise le consentement de deux êtres en mesure de perpétuer le développement de l’espèce humaine.

Quel destin pour les enfants ?

Cependant il faut également convenir que ceux qui ont fait le choix de s’unir en dehors de cet aspect des choses doivent pouvoir prétendre aux mêmes avantages que ceux conférés aux couples mariés. Alors pour ne choquer personne, il suffirait tout simplement d’inventer un autre nom que celui de mariage, qui pourrait caractériser ce genre de contrat social avec tout autant de force symbolique puisque désormais l’homosexualité ne se cache plus et c’est tant mieux. Mais ce qui est le plus préoccupant dans tout cela, c’est le destin réservé aux enfants, aussi bien ceux élevés par les homosexuels que ceux des couples divorcés. Dans les deux cas, ils sont soumis à une vie qui se développe en dehors d’un cadre normal et ce développement ne manquera pas d’influer sur les sociétés modernes notamment lorsqu’il s’agit de couples de nationalités différentes, ou encore de couples qui n’ont pas la même vision sur la vie en société. On a pu suivre les démêlés judiciaires et les enlèvements respectifs d’un couple franco-russe. Egalement ce père qui a fait vivre ses deux garçons dans la nature pendant onze ans loin de leur mère. Même lorsque la séparation se fait dans des conditions relativement calmes et consensuelles il n’en est pas moins vrai que les enfants ne grandiront pas dans un cadre normal et que dans tous les cas il pourra s’ensuivre des traumatismes importants voire irréversibles. Dans la société qui nous a précédés souvent l’hypocrisie a été la règle. Certains couples faisaient “semblant” jusqu’à la fin de leur vie pour protéger leurs enfants. Nos sociétés veulent vivre au grand jour, mettre à bas tous les tabous. Quand sera-t-il à l’avenir pour les enfants ? Espérons que tous ces paradoxes ne seront pas autant d’excuses que l’on brandira dans les prétoires des Assises.
 

Francis Manaud


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