Morts pour la France ?

La toute nouvelle prétendante des écologistes à la future élection présidentielle Madame Eva Joly a déclaré au lendemain du défilé militaire du 14 juillet qu’elle n’hésiterait pas en cas de victoire à supprimer ce défilé pour lui substituer un défilé citoyen.
Peut être envisage-t-elle également de remplacer dans nos villes, les monuments aux morts par des fontaines lumineuses alimentées par des panneaux photovoltaïques, et l’Arc de triomphe par un baobab destiné à abriter les oiseaux de Paris. Sa déclaration à n’en pas douter, aura le mérite de faire varier les sondages qui la concernent et réfléchir ceux qui pensaient lui apporter leurs voix. Faire cette déclaration au lendemain d’un attentat qui a coûté la vie à sept de nos soldats en Afghanistan paraît irréelle à moins qu’elle n’ait l’intention de faire défendre la France par des civils habillés en militaires ! Quoiqu’il en soit, son propos montre bien le fossé qui peut exister entre les idées qu’elle prétend défendre et la réalité à laquelle le monde est confronté. S’il n’est pas douteux que la guerre et son appareil sont détestables, il n’en est pas moins vrai qu’il est nécessaire que l’on s’en prémunisse. En contre partie, il est normal de se poser la question de savoir si les conflits actuels menés par la France sont ou non légitimes et si les sacrifices consentis par nos soldats valent la peine d’être ? Mourir est une chose, en connaître la raison en est une autre.

D’obscurs projets

Durant les deux dernières guerres mondiales, nos soldats sont tombés pour défendre leur patrie, ceux des autres nations pour barrer le passage à la barbarie. En portant nos conflits hors de nos frontières, on n’est pas sûr que les raisons qui nous sont avancées soient d’une vérité absolue. On nous dit qu’en Afghanistan nous combattons le terrorisme Al-Qaïda et Bel Laden. Mais Ben Laden est mort au Pakistan et Al-Qaida prend des otages partout en Afrique. On nous dit après l’avoir reçu comme bien d’autres dictateurs en grande pompe, que le colonel Kadhafi est honni par son peuple alors que beaucoup de Libyens le défendent encore. Alors ne faut-il pas clairement se demander si nous ne sommes pas tout simplement en train de pratiquer l’ingérence dans des pays qui doivent faire leur propre révolution quel que soit le prix à payer en drames humains ? Ces guerres nous coûtent cher et il n’est pas certain que la reconnaissance éventuelle que nous en retirerons, soit à la hauteur de l’enjeu. Les révolutions ne s’exportent pas, elles se méritent et leur prix, c’est le sang des innocents. Nos soldats seraient utiles ici, chez nous, où peu à peu le désordre s’installe. Ils seraient un exemple salutaire par leur formation, leur courage et leur ténacité pour notre jeunesse en mal de repères. Ils seraient utiles pour soulager notre police qui serait plus à même de faire pleinement son travail. Alors qu’ils reviennent, nous avons besoin d’eux. Ici au moins s’ils tombent, ce sera pour leur patrie et non pour d’obscurs projets.  
 

 Francis Manaud

 



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