Militants Ces courageux de la politique

Francis Manaud

Depuis quelques semaines qu’ils ont été désignés par le conseil constitutionnel, les prétendants à la fonction suprême font la Une de tous les médias, sans parler des meetings au cours desquels ils développent à l’envie, l’ensemble de leurs programmes. Il ne faut pas oublier que pour la plupart d’entre eux s’ils sont là, ils le doivent à la multitude de leurs militants qui sans relâche ont fait en sorte qu’ils puissent les représenter. Ce sont eux en effet qui ont sillonné les routes de France dans la quête aux cinq cents signatures sans lesquelles rien n’aurait été possible. De coups de téléphone en rendez-vous, de fax en sms, ils ont porté la voix de leur champion mais aussi de la démocratie pour convaincre les élus de faire triompher la démocratie dans ce qu’elle a de plus noble, c’est-à-dire la diversité des idées. Convaincre n’est certes pas facile quand on a délégué parfois à de simples maires de campagne, la lourde tâche d’amener à l’élection présidentielle des hommes et des femmes dont quelquefois ils n’ont même pas entendu parler. Ils comprennent bien que ceux-là n’ont qu’une seule chance : celle de demeurer des candidats éphémères qui feront un tour et puis s’en vont pour réapparaître peut-être dans cinq ans. Entre temps, fax et sms se seront tus. Ces maires-là, l’ingratitude, ils la connaissent. Mais pour les militants, ce n’est que la première étape d’une mission qui devra se prolonger jusqu’au premier tour de l’élection pour certains et pour les plus chanceux jusqu’à la veille du deuxième tour.

 Une espèce de mythe de Sisyphe électoral

 Dès lors, ils sont aux ordres des états majors eux-mêmes, aux ordres des organes centraux des partis politiques qui orchestrent la campagne pour impressionner le plus possible la masse des électeurs indécis. Désormais c’est le ballet incessant de ceux qui sur les marchés distribuent les professions de foi. Ils doivent sans sourciller accepter les rebuffades, les gestes d’indifférence et dans le meilleur des cas expliquer la politique de celle ou de celui qu’ils prétendent défendre même si parfois les questions posées vont bien au-delà de leur propre réflexion. Et puis il y a les colleurs d’affiches qui le soir venu, s’emparent des rue des villes pour appliquer consciencieusement sur des endroits choisis, pas toujours autorisés, la tête de leur favori qui aura disparu le jour suivant. Une espèce de mythe de Sisyphe électoral qui ne rebute en rien ces militants têtus et obstinés. Tout cela est-il bien utile ? Pas sûr, mais cela reste une tradition bien ancrée dans notre mode de vie. Facebook et Tweeter n’ont pas encore réussi à les supprimer, mais attendons quelques années encore, cela ne manquera pas d’arriver. Enfin les plus courageux, comme les anciens vendeurs d’aspirateurs osent le porte-à-porte. C’est soi-disant ce qui rapporte le plus de voix. Il n’empêche qu’il faut le faire ! Ces courageux de la politique viendront bientôt grossir les rangs des sympathisants et autres curieux qui alimenteront les meetings spectacles comme ceux de la Concorde et de Vincennes. Une France coupée en deux qui devra bien un jour trouver l’Homme qui les réunira autour d’un seul et même drapeau bleu blanc rouge !

Francis Manaud

 



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