Mayday

Même ce message traditionnel de détresse, les pilotes en charge de l’Airbus A330 disparu en plein océan atlantique n’ont pu l’émettre pour que l’on puisse les repérer et tenter de venir à leur secours. Au lendemain de cette tragédie, l’on est confronté à ce silence auquel notre monde moderne n’est plus habitué tant la communication a pris de l’importance. Toutes les hypothèses se bousculent pour trouver des réponses dont on sait par avance que seule la découverte de l’épave pourra peut être donner une explication fiable. Car il est impératif de savoir. Savoir, pour les familles endeuillées qui ne pourront rendre hommage à leurs disparus comme les familles des marins perdus en mer, qu’en jetant quelques fleurs dérisoires qui sombreront elles aussi sans avoir pris le temps de flétrir comme ces jeunes passagers bien trop tôt disparus.
Savoir, pour que plus jamais chose pareille n’arrive et rende encore plus sûr un moyen de déplacement devenu au fil du temps l’un des plus fiables. Car que de chemin parcouru depuis Lindbergh et la première traversée de l’Atlantique en avion ! Que de courage a-t-il fallu à ces hommes pour affronter ce fameux “pot au noir” qui se dressait devant eux comme un mur de défis infranchissable. Combien ont disparu en léguant aux autres les clefs de leur échec faisant ainsi de chaque marche de leur sacrifice, la sécurité des vols d’aujourd’hui.
Trouver sera l’hommage rendu au sacrifice

Mais l’accident de ce lundi nous oblige à l’humilité. Rien n’est absolu en ce monde et l’échec reste la condition toujours nécessaire du progrès. Et cette terre toulousaine, cette glaise dans laquelle se sont construits tant et tant d’avions magnifiques, veut savoir pourquoi, quelque part, et pour quelle raison, une faille s’est produite qui oblige à cette sempiternelle interrogation. Pourquoi ? Ce pourquoi qui justifie amplement cette recherche désormais indispensable de la moindre trace laissée à la surface de cet océan mangeur d’hommes qui à n’en pas douter, voudra garder jalousement un secret dont le monde libre a besoin pour savoir et rendre de plus en plus inefficace cette frontière de la nature qu’il défie en nombre de plus en plus importants. Mais de ces défis, les hommes savent bien qu’ ils ne pourront sortir vainqueurs. Les volcans, les cyclones, les tempêtes, sont autant de signaux que les anciens de l’Antiquité avaient déifiés pour bien marquer leur impuissance à les combattre de front. Notre seule chance est de mieux les connaître pour les contourner et c’est en cela que le sacrifice des passagers de l’A330 prendra tout son sens. Désormais la course contre la montre est engagée. Peu importe le coût. Pour savoir, il faut trouver, ce sera l’hommage rendu au sacrifice. Car il n’y a rien de pire que de mourir pour rien, sans avoir apporté à l’humanité la moindre parcelle de progrès qui justifie notre venue sur Terre. Le vol de l’A330 s’est abîmé dans le silence de l’immensité océanique. Désormais notre unique devoir est de le faire parler. Allo Papa, Tango, Charlie…

 Francis Manaud


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