Mantes la Jolie

C’est un bien joli nom de la région parisienne dans laquelle hélas se déroulent des événements qui n’ont rien de joli. Depuis quelque temps déjà les autobus qui desservent les cités sensibles sont régulièrement agressés, caillassés, à tel point que les chauffeurs font valoir leur droit de retrait. Il semble que les voitures de police mises à disposition pour les suivre ne peuvent rien faire contre les attaques surprises et coordonnées. Il faut dire que désormais les téléphones portables sont de formidables outils dont se servent tous les gamins qui en possèdent un pour organiser attaques et diversions. Plus grave encore, à Tremblay en France au nom évocateur, des bus ont été incendiés par des bandes de jeunes cagoulés et il semble de plus en plus évident que des zones de non droit voient le jour dans notre pays sans qu’une solution durable puisse être mise en place pour éradiquer le phénomène. Il paraît désormais acquis que ces mouvements divers sont la conséquence des récentes tentatives de la police pour mettre un frein au commerce souterrain du trafic de drogue dans les cités. Il est bien évident que les cités sont gangrenées par une économie souterraine dont le produit principal est la drogue laquelle envahit peu à peu la société française avec les dégâts physiques et psychologiques que cela sous-tend. Nos dirigeants sont parfaitement au courant du phénomène et savent qu’y mettre un terme ne peut que provoquer des émeutes de plus en plus violentes puisque le trafic est le seul revenu dont dispose une jeunesse attirée par des gains faciles et qui plus est lucratifs.
Courage politique ?

Et pourtant un tel état de fait ne peut continuer à perdurer sauf à montrer que l’Etat est incapable de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour faire triompher l’ordre et le droit. En son temps la création des Gir laissait à penser que la combinaison d’intervention de la police, de la gendarmerie, des douanes et des services fiscaux ainsi que le personnel judiciaire allait permettre un grand coup de pied dans la fourmilière. Il n’est pas bien difficile en effet de confondre des gens qui sont éligibles au Rsa et qui par ailleurs montrent des signes ostensibles de richesse. Ces individus sont prêts à défendre coûte que coûte un mode de vie qu’aucun travail ne pourra leur donner. Alors il est bien évident que les pouvoirs publics ne peuvent qu’osciller entre le calme et l’émeute avec ce que cela comporte d’atteinte à la liberté et aux biens de ceux qui subissent les désordres. Trop souvent hélas nos gouvernants préfèrent privilégier la tranquillité au remède de choc et ne procèdent que par petites touches alors qu’il faudrait mener une véritable guerre. Le courage politique nécessiterait en effet la mise en œuvre d’une véritable stratégie de harcèlement pour venir à bout de ces petits caïds qui gangrènent non seulement les cités mais aussi et surtout les jeunes dont ils deviennent les fanions. Aux “non voir”, ne “rien entendre” et “ne rien dire” s’oppose ici le tout voir, le tout entendre et ne rien dire ! Il faudra un jour payer le prix de notre laxisme en la matière alors courage : agissons.

Francis Manaud


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