L’identité nationale

Coup sur coup Eric Besson et Nicolas Sarkozy ont fait allusion à l’identité nationale ; ce qui à l’approche des élections régionales a provoqué de nombreux remous non seulement dans la classe politique, mais aussi dans la presse qui s’interroge sur la soudaineté de cette question ainsi que sur son sens. Si l’on se pose la question de savoir ce qu’est l’identité nationale, l’on se trouve très vite confronté à une multitude de réponses, ce qui veut dire que cette identité est fonction de facteurs d’une infinie variété. La nation Française peut aussi bien être caractérisée par un petit bonhomme portant béret et baguette de pain, que par Astérix et sa volonté du refus de l’envahisseur. Ce peut être aussi bien l’hymne national que la devise de la république Liberté Egalité Fraternité ou encore le drapeau dont la signification pourra être différente suivant la situation dans laquelle il est montré. Dans un match de football France/Algérie, il sera sifflé alors qu’il sera applaudi en même temps que l’hymne national par les mêmes spectateurs en finale de la coupe du monde contre le Brésil ! Comme le montre opportunément cet exemple, chaque individu donne à l’identité nationale le sens qui lui convient selon sa propre perception de ce qu’est la nation. D’ailleurs cette interpellation des hommes politiques paraît tout à fait étonnante alors que l’Europe pointe le bout de son nez avec la volonté à peine dissimulée de gommer la notion de nation pour lui substituer celle de supra nationalité.
Situations explosives

Curieuse interrogation dans un pays où désormais
sont confrontés des cultures et des religions différentes bien
éloignées de celles que nous avons connues jusqu’à ce jour. Ce sont
d’ailleurs à partir de ces nouvelles cultures que l’on va devoir
composer une nouvelle identité nationale si l’on ne veut pas être à
terme confronté à des communautarismes, donc à des oppositions graves
dans la communauté française laquelle jusqu’à ce jour a fait de la
diversité sa richesse. Dans l’état de notre pays tel qu’il est,
héritier d’un passé colonial qui nous oblige, c’est allumer une mèche
qui pourrait amener des situations explosives. Parler d’identité
nationale aujourd’hui suppose l’intégration complète et donc aboutie de
cultures qui a contrario veulent marquer notre pays au point de
remettre en cause le principe fondamental de la laïcité ; barrière
infranchissable sans laquelle nous serions confrontés aux extrémismes
les plus dangereux. Vouloir limiter l’identité nationale à la
Marseillaise et au drapeau, c’est avant tout faire référence à un passé
qui concerne la patrie, passé qui ne concerne pas nécessairement ceux
qui constituent à ce jour la nation française. L’identité nationale se
construit chaque jour des richesses mais hélas aussi des difficultés
générées par une intégration plus ou moins aboutie. Pour la construire
valablement il faut sans nul doute un fort ralentissement dans l’apport
des autres cultures ; ce qui signifie avoir une politique forte dans le
domaine de l’immigration. C’est peut-être ce qu’a voulu faire
comprendre le ministre à la veille des élections régionales ?

 Francis Manaud


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