Libye ; Poids lourd contre poids plume

Il en aura fallu du temps pour qu’enfin la communauté internationale vienne au secours du peuple libyen menacé de génocide par un homme prêt à tout pour conserver le pouvoir. D’ordinaire lorsqu’un pays se dote d’un armement conséquent comme ce fut le cas pour la Libye, c’est pour se prémunir contre d’éventuelles attaques venues de l’extérieur. Pour Kadhafi, tel ne fut pas le cas puisqu’il n’a pas hésité à faire de son armée et de son armement le fer de lance de la répression contre ses opposants. Une sorte d’Intifada à la Libyenne ou les kalachnikovs font face aux chars et aux avions de combat. En somme pour paraphraser le langage de la boxe, un poids plume contre un poids lourd ! Alors que dire de la communauté internationale qui pendant de longues années a fermé les yeux sur ce qui était l’évidence même, à savoir que ce pays était dirigé par un fou dangereux convaincu en son temps d’attentats de terrorisme et de prise d’otage ? Oui mais voilà il fallait fermer les yeux car le pays était riche, riche en pétrole et donc susceptible de pouvoir acheter des armes et des munitions non pas pour se prémunir contre un hypothétique ennemi mais contre son propre peuple dans le cas où il aurait l’outrecuidance de réclamer une partie des richesses de son sol. Ces richesses qui par ailleurs au vu et au su de tous allaient enrichir les coffres des paradis fiscaux.
Le génie des peuples

Et encore on a évité le pire c’est-à-dire un éventuel veto de l’un des pays permanents de l’Onu. Parmi eux la Chine et la Russie se sont abstenus, ce que l’on comprend aisément puisqu’ils sont eux-mêmes en proie à des mouvements de populations internes qui manifestent des tendances à l’indépendance. Une fois de plus, l’Europe n’a pas su trouver un consensus nécessaire à prouver son unité puisque l’Allemagne n’a pas souhaité se joindre à la France qui par son initiative a enfin montré que l’intérêt des peuples passe avant celui des contraintes économiques. Heureuse prise de position véhiculée par un nouveau ministre des affaires étrangères qui a su convaincre ses homologues onusiens de ne pas laisser s’installer durablement une dictature cruelle et sanguinaire. Il aura fallu néanmoins plus de six semaines de palabres et de tractations pour en arriver à une conclusion de bon sens au mépris des victimes qui se sont multipliées et que l’on aurait pu évitées en agissant plus vite. Il faut donc espérer qu’il n’aura pas été trop tard et que la Libye après cette dure épreuve saura enfin trouver le chemin de la démocratie. Et puisque dans de nombreux domaines, il est désormais admis que la mondialisation est en marche, pourquoi ne pas établir une bonne fois pour toutes des règles internationales de démocratie ? La première et somme toute la plus fondamentale devrait imposer à tous les pays qu’un chef de l’Etat ne puisse briguer que deux mandats successifs. Cela aurait l’avantage de mettre un terme à tous les appétits dictatoriaux ainsi qu’à ceux qui auraient tendance à vouloir fonder une lignée. Le temps de rois et des empereurs est révolu. Place à l’avènement du génie des peuples.

Francis Manaud


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