L’homosexualité et le mariage

Francis Manaud

Parmi les propositions de campagne de l’actuel président de la république figure la reconnaissance de l’acte civil du mariage pour les homosexuels. Cette prise de conscience du problème est d’autant plus méritoire qu’il n’a lui-même à aucun moment convolé en justes noces. Comme l’on pouvait s’en douter, cette nouvelle donne concernant le mariage est loin de faire l’unanimité bien qu’il soit nécessaire d’aborder un jour ou un autre ce problème épineux qui intéresse une quantité non négligeable de nos concitoyens au minimum 2% de la population. Il s’agit bien entendu des homosexuels qui vivent en couple et qui demandent le droit légitime de pouvoir prétendre aux mêmes droits et devoirs civils que les hétérosexuels.Puisque désormais l’homosexualité n’est plus considérée à juste titre comme une maladie mais plutôt comme une composante particulière de l’espèce humaine, le principe d’égalité devant la loi doit s’appliquer en trouvant une solution qui garantisse les uns en apaisant les autres. Les autres, ce sont bien sûr ceux qui convolent en justes noces pour fonder famille et avoir naturellement des enfants, ce qui ne peut être le cas pour ceux d’un même sexe. La première difficulté à surmonter, c’est qu’il y a dans le mot mariage une connotation religieuse bien entendu inacceptable appliquée aux homosexuels, car on voit mal une quelconque religion accepter la reconnaissance du principe de l’union entre personnes du même sexe.

 Une position bien différente

Il faudra donc à n’en pas douter trouver un autre nom en bannissant celui consacré de «liens du mariage» et pourquoi pas, le remplacer pour ce cas bien précis par «les liens du pacte de l’union civile». C’est sans aucun doute une concession qu’ils devront faire s’ils veulent que leur union leur donne les droits et avantages identiques conférés au mariage traditionnel. La deuxième difficulté et sans nul doute la plus compliquée à satisfaire, sera l’autorisation à l’adoption, qui est un droit accordé aux couples hétérosexuels dans l’optique de fonder une famille par d’autres moyens que ceux offerts par la nature. La difficulté vient ici du fait qu’il y a intervention en quelque sorte d’un tiers, l’enfant, qui va être concerné par une situation d’un caractère hors de la normale qui veut qu’un enfant ait un père et une mère et non deux pères et deux mères. Vient s’ajouter à cela l’inégalité sexuelle qui autorise les femmes à procréer artificiellement ; ce qui crée un lien de sang, alors que les hommes pour le même résultat devront faire appel à une mère porteuse. S’il n’est en rien contestable que les enfants ainsi adoptés ou conçus, seront aussi bien choyés que les autres, leur position dans la société sera bien différente avec les risques et pourquoi pas les drames que cette différence peut engendrer. La responsabilité en incombera aux parents qui devront faire le choix entre leur satisfaction et le bonheur de leurs enfants. Quoiqu’il en soit, le législateur va devoir marcher sur le fil du rasoir s’il veut à la fois mettre fin à une injustice tout en évitant de soulever une foule de critiques qui ne manqueront pas de surgir.

Francis Manaud



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