L’héritage

Lors du décès de leurs parents, ce sont leurs enfants qui sont leurs héritiers dans la majorité des cas. Le code civil prévoit pour eux la possibilité d’accepter l’héritage sous bénéfice d’inventaire, ce qui leur permet de le refuser dans le cas où le passif serait plus important que l’actif ; ce qui constitue une garantie pour eux qui n’est pas négligeable. Depuis la crise de 2008 qui a durement frappé l’économie mondiale, la France comme beaucoup de pays dans le monde, s’est lourdement endettée à un point tel que l’on évoque de plus en plus la difficulté pour les générations à venir du remboursement de cette dette. On va même jusqu’à la chiffrer par habitant puisqu’elle s’élèverait à 26 000 €, ce qui est loin d’être minime. A partir de là, des esprits chagrins ont tendance à montrer du doigt une génération qualifiée de dispendieuse qui laisserait aux générations futures le poids d’une dette insurmontable. Il est bien sûr que contrairement à une famille les enfants de la France sont dans l’obligation de faire face aux dettes de leurs parents à moins de s’y soustraire en quittant définitivement le sol natal. S’il n’est pas douteux que l’on puisse difficilement qualifier de réussite la façon dont nos dirigeants ont géré les finances publiques, il faut tout de même relativiser l’importance de la lourdeur de la succession. Il n’est pour s’en convaincre que de se souvenir de ce que fut notre pays au lendemain de la dernière guerre notamment dans le nord et l’est qui eurent à subir d’innombrables bombardements.

Notre système social remis en question ?

Des villes entières furent reconstruites et cela grâce au courage et à la ténacité de leurs habitants. Et puis nos enfants ne peuvent ignorer que leurs parents ont largement contribué à la création d’un réseau de communications qui leur permet désormais de se déplacer aux quatre coins de l’Hexagone dans un minimum de temps. Le TGV, les autoroutes, les grands ouvrages d’art sont autant de réalisations qui sont à mettre à l’actif de la génération qui s’en va en laissant derrière elle tous les moyens de reconquérir une croissance dont malheureusement la faiblesse a fait plonger le pays dans le rouge de la dette. Car il ne faut pas oublier que l’héritage ne se mesure pas uniquement en termes d’argent mais aussi et surtout grâce aux moyens qui sont donnés à l’héritier pour lui permettre de progresser dans les meilleures conditions possibles. Il est donc particulièrement hors de propos de prétendre que nos enfants n’auront qu’à crouler sous le poids de la dette car les moyens que nous leur laissons, pourront sans aucun doute leur permettre d’y faire face. Cependant il n’est pas exclu de penser qu’en mettant toujours en avant l’excuse de la dette, les générations futures ne tentent de remettre en question les retraites par répartition et au-delà la solidarité générationnelle. Si tel était le cas la précarité des anciens deviendrait insupportable en remettant en question les fondements mêmes de notre système social.



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