L’Eté, les vacances

Cette fois ça y est, l’été est là et avec lui le beau temps synonyme d’insouciance. Les élèves ont fini leurs cours, et leurs professeurs vont eux aussi profiter d’un repos bien mérité. Les revendications sont loin, on ne pense plus qu’aux vacances, comme si d’un coup de baguette magique toutes les difficultés, qui avaient mis les uns et les autres dans la rue, s’étaient envolées, disparues. Drôle de comportement qui consiste tout à coup à faire comme si tous les problèmes existentiels qui les empêchaient de vivre à un moment donné, n’existaient plus un ou deux mois plus tard, alors que rien ou presque n’a changé et donc que ce qui était vrai hier, le reste aujourd’hui.
Curieusement le tempérament belliqueux français disparaît subitement entre les mois de juin et août pour ne réapparaître qu’en septembre au retour de ces fameuses vacances qui pourtant auraient dû apporter calme et apaisement. Il faut dire que nos comportements durant cette période ont de quoi nous interpeler quand on voit que nos compatriotes abandonnent les rues encombrées de leurs villes pour venir s’engluer dans des stations balnéaires ; lesquelles ont les plus grandes difficultés à absorber cette invasion barbare qui prend possession des lieux au détriment des autochtones qui les subissent au nom de la sacro sainte rentabilité. On comprend qu’ils poussent un grand soupir de soulagement en faisant leurs comptes mais surtout en les voyant s’éloigner. Mais cette année peut-être le scénario ne sera-t-il pas tout à fait le même, augmentation des prix du pétrole oblige.

Au travail !

Verra-t-on ces longues files de voitures coincées dans les embouteillages gaspiller impunément le précieux liquide ? Ou bien aurons-nous l’insouciance de la cigale pour venir au mois de septembre réclamer à l’Etat, qui pourtant n’est pas fourmi, de subvenir à nos besoins pour avoir consommé sans discernement ? En 1789 le peuple s’est révolté parce qu’il avait faim et qu’il voulait du pain. La France d’alors pouvait nourrir ses enfants, il suffisait pour cela de libérer des terres riches et avoir le courage de les travailler. Aujourd’hui ce n’est plus de pain dont nous manquons mais d’énergies. Celle de notre sous-sol qui ne contient pas le précieux liquide après avoir épuisé le charbon source de notre richesse, mais aussi celle qui permet de l’acquérir sans avoir recours à l’aide perpétuelle de l’Etat. Et pourtant il va bien falloir se résigner à la fois au travail et aux économies et peut-être aussi à renoncer aux revendications tous azimuts qui ne font que nous affaiblir. La bataille de demain sera de parvenir à une croissance telle qu’elle permettra aux plus défavorisés d’accéder à un niveau de vie acceptable tandis que ceux qui possèdent le plus devront aussi faire l’effort d’un partage plus équitable. Sans cela il est à craindre que nous ayons à vivre des moments très difficiles que nous ne pouvons éviter que par un seul moyen : le travail. Car la croissance c’est le travail, il est partout et c’est la dignité de l’homme. Alors partons en vacances et profitons en bien mais en pensant qu’au retour, notre salut sera dans l’effort et non dans des pancartes agitées vainement dans les rues. Elles ne nous seront d’aucun secours face aux pays émergents qui pour nous ressembler, ont compris que seuls l’effort et la volonté sauront les y faire parvenir.

 Francis Manaud


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