Les Villes à la Campagne

Plus personne ne conteste que les villes attirent de plus en plus de population. Il n’est pas douteux que la probabilité d’y trouver du travail est la plus importante, même si cette facilité se heurte à celle plus délicate d’y trouver un logement. C’est ainsi que cette attirance vers la ville entraîne inévitablement un appauvrissement des campagnes qui perdent peu à peu tout ce qui a fait leur identité : le petit café, la Poste, l’école et bien d’autres choses encore qui rendaient les gens paisibles et heureux.
Il est vrai que chacun a de plus en plus tendance à privilégier la facilité. La facilité c’est l’abondance sur place, et l’abondance s’accommode mal de l’éloignement et de la dispersion. Pourtant il faudra bien qu’un jour, ceux qui nous gouvernent, cessent de gérer à courte vue pour se rendre compte que notre territoire devient un désert parsemé de métropoles régionales dans lesquelles les gens s’entassent, créent des ghettos et bientôt des conflits sociaux qui de plus en plus dégénèreront pour en arriver aux émeutes. Les plus graves sont ceux qui agitent les banlieues avec une population de jeunes déscolarisés qui traînent leur vie sans but, et donc sans avenir. Pour avoir la sensation d’exister, ils brûlent des voitures et caillassent les forces de l’ordre qui symbolisent leur mal être. Ils sont pour la plupart fils d’immigrés que l’on a fait venir pour produire à meilleur prix, mais comme eux aussi nous coûtent trop cher, on les a mis au chômage pour délocaliser.

Le rêve…

Très vite ces enfants sans aucun soutien de leurs parents en matière d’éducation et d’instruction, perdent pied pour ne vivre que d’instinct. Seule l’instruction pourrait les sauver mais les pauvres moyens mis en place dans cette perspective n’y parviendront jamais. Alors pourquoi ne pas rêver un peu et comme ironisait Alphonse Allais, construire des villes à la campagne ? Sinon des villes, plus modestement des établissements scolaires. Dès la classe de sixième, on pourrait y mettre les enfants en retard scolaire et reproduire ainsi les merveilleux résultats obtenus jadis par des instituteurs qui n’étaient pas encore des professeurs des écoles. Des enfants pensionnaires bien sûr, subventionnés par les allocations familiales et qui ne traîneraient plus dans les rues de leurs cités pour y prendre les mauvais penchants. Le soir après les cours le sport ou les devoirs dirigés remplaceraient des parents déracinés dans l’incapacité d’aider leurs enfants dans le domaine scolaire. Et autour d’eux, la nature qu’ils apprendraient à connaître, à respecter et à aimer. Pour les moins enclins à l’étude, l’apprentissage au contact des petits métiers environnants qui connaissent encore les secrets des tours de main, et plus de rodéo, de voitures brûlées ou de “caillassage”, mais tout simplement l’apprentissage du respect ; gage incontournable d’une intégration réussie. Ce n’est qu’en extrayant ces enfants d’un milieu qui les pourrissent que l’on parviendra à en faire des hommes responsables. Cette partie de la ville à la campagne, quelle bouffée d’oxygène pour notre société et à quand ce rêve messieurs les décideurs pour qu’il devienne réalité ?

 Francis Manaud


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