Les soubresauts de l’Afrique

Depuis quelques semaines, elle fait parler beaucoup d’elle. En premier lieu la Côte d’Ivoire et la démocratie bafouée, le Niger et l’enlèvement de nos deux malheureux français assassinés, enfin la Tunisie qui se libère du totalitarisme qui depuis plus de vingt ans a mis son peuple sous surveillance constante jusqu’à provoquer son étouffement. Visiblement les peuples d’Afrique dans leur diversité et leurs régimes tribaux cherchent leur voie, malheureusement dans la douleur comme avant elle, le fit l’Europe pour parvenir enfin à une stabilité relative. La démocratie a de la peine à s’y installer même avec l’aide des Nations Unies qui risquent comme en Côte d’Ivoire d’y perdre leur crédibilité. En effet avoir accepté de superviser l’élection présidentielle pour qu’enfin le président sortant refuse de reconnaître sa défaite n’est ni plus ni moins qu’un pied de nez à cette organisation accusée d’ingérence dans les affaires intérieures du pays sans minimiser les risques encourus par les casques bleus chargés de défendre le vainqueur dans les urnes. Il n’est pas moins vrai que les pays dits démocratiques ont tendance à choisir d’avance les candidats qui ont leur préférence quelquefois en dépit de la majorité du peuple, et ce pour favoriser leur business quand le pouvoir en place a tendance à leur tourner le dos.
Disons-leur merci

La démocratie a tendance à s’effacer devant le pouvoir du commerce. Son ennemi mortel, c’est ce que les puissants appellent le pragmatisme devant lequel s’efface pudiquement la moindre liberté. C’est ce qui s’est passé en Tunisie dont nos responsables politique n’ont cessé de caresser le pouvoir en place au prétexte qu’il avait jugulé l’intégrisme, sans vouloir voir dans le même temps qu’ils encensaient un dictateur en place depuis plus de vingt ans. Il faudra bien qu’un jour les pays qui se disent démocratiques adhèrent à une charte dont le principe fondamental sera qu’un même individu ne puisse prétendre à gouverner son pays plus de deux fois consécutives et ce sans dérogation possible car chez certains la pratique du pouvoir fait l’effet d’une drogue que seules les constitutions peuvent guérir. Dans tous les cas, la force s’exerce pour juguler les peuples jusqu’au jour où le nombre triomphe de la force, c’est le prix du sacrifice à payer pour accéder à la liberté. L’Afrique dont on a pillé les hommes et les richesses secoue ses chaînes pour se libérer de l’esclavage de ses dirigeants. Il lui faudra encore du temps mais la Tunisie comme jadis la France en Europe a secoué le joug de la dictature et de l’arbitraire. Désormais la voie est ouverte, le souffle est passé rien ne pourra plus être comme avant. Le vent qui soufflera du nord fera le reste. Il emportera avec lui à travers montagnes et déserts la liberté que nos deux innocents petits français croyaient avoir amenée avec eux là-bas au Niger. Avec Mohamed Bouazizi ils font désormais partie des martyrs qui font bouger les peuples. Ils sont entrés dans l’histoire. Disons-leur merci.
 

Francis Manaud


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