Les Régionales

Dans quelques jours nous allons être appelés à voter pour élire les derniers conseillers régionaux qui ne siègeront que quatre ans si la réforme annoncée par l’Etat arrive à son terme. Voulue en 1986 pour donner plus d’autonomie aux régions, ces dernières vont céder la place au territoire dont il reste à définir clairement les contours, les compétences ainsi que le mode d’élection. Par ailleurs la disparition de la taxe professionnelle va sensiblement modifier la dotation de l’Etat. La région, véritable décentralisation économique, joue donc un rôle très important de proximité pour les citoyens, rôle dont il semble que la majorité des électeurs n’ait pas perçu toute l’étendue. Il faut dire à leur décharge que les enjeux importants véhiculés par les régions ne sont pas clairement exposés par les partis politiques lors de la campagne, plus motivés qu’ils sont à conserver leurs sièges qu’à dispenser une pédagogie nécessaire pour le citoyen. Il n’est pour s’en convaincre que d’observer ce qui se passe en Languedoc Roussillon ; région dans laquelle le seul souci des partis en présence est de faire un bras de fer avec les états majors parisiens qui sont en complet désaccord sur des questions de personnes et de principes. Ces querelles de basse politique n’ont rien à voir avec les intérêts de la population à laquelle en revanche on ne propose aucune perspective d’avenir sur ce que sera leur vie pratique.
Déni de démocratie

Le plus décevant dans tout cela, ce sont les médias en général, la télévision en particulier et leurs journalistes qui ne font qu’attiser les querelles pour faire de l’audimat et du sensationnel. Dans une période difficile pour la France, de telles querelles et de tels spectacles sont navrants et révèlent au grand jour la pauvreté du débat public sur des questions primordiales que sont les emplois, les retraites, l’avenir des jeunes, celui de la santé et bien d’autres encore qui sont royalement passées à la trappe. Toutes ces questions qui font chaque jour l’angoisse de nos concitoyens sont occultées par nos énarques qui préfèrent se faire des crocs en jambe sur leurs erreurs de jeunesse qui n’intéressent personne. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner du nombre des abstentions toujours plus important au fil des scrutins. Désormais le parti des abstentionnistes est le plus important de sorte qu’il devient la première opposition du pays ; laquelle si l’on n’y prend garde aura le droit de dénoncer un déni de démocratie qui met à la tête de la nation une minorité. Les gens en ont assez de voir et d’entendre les mêmes explications fournies par les mêmes responsables politiques qui lorsqu’ils sont en charge des affaires s’empressent d’enterrer leurs promesses. Au soir du 21 mars, il est à parier qu’une fois de plus la démocratie aura perdu un nombre considérable de votants après que chacun des partis en présence s’est regroupé en “combines” électorales, en perdant leurs convictions profondes au profit d’une place et d’un revenu généreusement offert par la république. Mais soyons réalistes. Dans le futur conseil territorial, il y aura deux fois moins d’élus dont deux fois plus de luttes féroces pour le pouvoir. La preuve par neuf, que l’on peut faire autant de sur place avec deux fois moins d’élus.     
 
  Francis Manaud



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