Les Primaires

On a tout lieu de croire nos hommes politiques quand ils prétendent que notre santé économique est au plus bas, et d’ailleurs les mesures fiscales qui vont être prises le soulignent surabondamment sans oublier les tours de vis budgétaires. Lorsque la survie d’un malade est engagée, il y a deux méthodes pour essayer de le sauver : Soit les médecins se regroupent à son chevet, discutent entre eux et décident de la meilleure façon d’agir pour le maintenir en vie, soit l’on consulte séparément en souhaitant que la méthode choisie soit la bonne. En matière politique, la première solution a pour nom salut public, la seconde, la confrontation des idées électorales. En adoptant la seconde, nous pouvons penser que le pire n’est pas à notre porte. Acceptons-en l’augure. Alors donc voilà deux de nos partis politiques, le parti socialiste et les verts qui se lancent dans une élection primaire des militants et des sympathisants destinée à mettre en valeur le ou la candidate qui les représentera à l’élection présidentielle. Le vainqueur qui sortira des urnes aura la chance et le privilège d’être appuyé par l’appareil du parti mais surtout par ses finances ; tant il est vrai que de plus en plus il ne saurait y avoir de véritable démocratie sans un solide coup de pouce de l’argent. Ceux qui n’auront pas été choisis auront toujours la possibilité de concourir en candidat libre auquel on aura ôté toute étiquette ou label qui pourrait le confondre avec l’élu. Et pourtant sous la cinquième république, ne dit-on pas que l’élection présidentielle reste un contrat entre un candidat et le peuple ? Pauvre peuple qui voit ses champions passés au tamis dont l’écartement de la toile n’est que rarement à son goût.
« Au suivant »

De l’autre côté de l’échiquier politique le choix du candidat est fait une bonne fois pour toute, il s’agit purement et simplement de reconduire le sortant quels qu’aient été les résultats de sa gestion, fut-elle catastrophique. Les prétendants potentiels devront attendre que leur tour vienne comme dans la chanson de Brel «Au suivant». Et malheur à celui qui oserait essayer de faire ombrage à l’élu au risque de faire que son camp soit absent au deuxième tour. Car ici tout se calcule avec et y compris pratiquer la dilution des voix chez l’adversaire pour l’éliminer du second tour et faire courir le risque au pays de candidatures fantasques. On a toujours en mémoire tel ou tel candidat dont on se demandait vraiment ce qu’il venait faire dans cette compétition dans laquelle ne devraient être admis que celles et ceux qui ont un vrai projet de gouvernement et une vision d’avenir pour notre pays. A ce titre, le critère des cinq cent signatures n’est pas sérieux dans la mesure où il n’est pas anonyme et obligatoire pour des élus dont l’abstention est loin d’être un caractère de civisme. Alors dans quelque temps, nous aurons tous nos champions alignés au départ d’une course où la démagogie atteindra parfois des sommets mais dans laquelle il n’y aura aucun arbitre pour juger l’arrivée si ce n’est le départ de la prochaine. Glorieuse incertitude du choix!
 

Francis Manaud



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