Les leçons du passé

Francis Manaud

Notre civilisation se caractérise par la vitesse, à telle enseigne que nous avons parfois du mal à suivre les modifications qu’elle nous propose. Les progrès s’entassent les uns sur les autres à un point tel qu’ils nous font oublier ceux lointains qui les ont précédés et qui pourtant étaient le plus souvent frappés au coin du bon sens. C’est ainsi que le précédent ministre de l’Education nationale avait instauré un examen d’évaluation des élèves sur les connaissances fondamentales avant leur entrée en classe de sixième. La critique faite alors essentiellement par les enseignants était de faire de cet examen un test statistique et surtout qu’il pouvait créer un malaise psychologique pour les élèves qui prenaient connaissance des résultats. Désormais ce test qui n’a pas été supprimé par la nouvelle équipe, ne sera qu’un document de travail pour les enseignants destinés à recevoir les nouveaux élèves. Il semble que l’on ait depuis longtemps oublié qu’il existait autrefois un examen d’entrée en sixième dont les critères étaient particulièrement exigeants ; à telle enseigne qu’un échec signifiait un redoublement systématique de la classe précédente. On peut facilement admettre que la méthode était particulièrement sévère ; il n’en est pas moins vrai que les résultats étaient là, le plus souvent satisfaisants tant et si bien que personne ne songeait à s’en plaindre.

 

Une unité indispensable

Depuis, bien sûr, la physionomie de la population française a changé par le fait d’un brassage de populations n’ayant pas notre langue. Il est donc tout à fait naturel que les enfants qui en sont issus, aient des difficultés pour acquérir les fondamentaux nécessaires à poursuivre un cursus normal. Il est aisé de comprendre qu’ils doivent impérativement bénéficier d’une mise à niveau particulière au risque, sinon de décrocher du système en devenant des électrons libres de la société avec tout ce que cela comporte de dérives et de délinquance. Par conséquent, l’examen est là très utile pour mettre en exergue les lacunes qui doivent nécessiter un traitement rapide pour permettre à ces enfants de continuer une scolarité normale. Plus que jamais l’ancien système doit montrer son efficacité en même temps que ces jeunes qui baignent en famille dans une langue différente du français doivent comprendre que désormais la langue de leur avenir est bien celle apprise à l’école et non leur langue maternelle qui néanmoins constitue pour eux une richesse complémentaire. Il faut là encore se référer au passé qui peu à peu a réussi à gommer les dialectes régionaux au profit d’une seule langue compréhensible par tous pour l’unité d’une nation. L’école a cette mission sacrée de faire comprendre aux élèves et à leurs parents que leurs enfants de quelques origines qu’ils soient, ne pourront vivre en harmonie tant qu’ils n’auront pas consenti à se comprendre et donc à se respecter. Cela implique sûrement un effort particulier de la nation qui doit tout mettre en œuvre pour parvenir à créer une unité indispensable dès lors qu’elle a fait à l’origine, le choix de la diversité.



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