Les enquêtes d’opinion

On dit que «gouverner c’est prévoir». Pourtant si l’on en juge par les constats que font les uns et les autres sur l’état de notre économie, le moins que l’on puisse dire, c’est que les prévisions n’ont pas été au rendez-vous de notre histoire récente. En guise de dédouanement, la crise survenue en 2008 fait figure de survenance d’exception, ce en quoi il peut toujours être rétorqué que même cette crise aurait dû être prévue tant le monde, l’Etat aussi bien que les particuliers, ont largement vécu à crédit. La croissance adossée au crédit ne dure qu’un temps dont on vient d’atteindre le terme. Il convient maintenant de réagir, ce que les prochaines élections présidentielles vont pouvoir nous permettre de faire. Nous allons devoir choisir celui ou celle dont la politique économique sera la plus à même de redresser nos comptes en évitant la crise épouvantable qui mine le peuple grec acculé au désespoir. Or malheureusement, si l’on en juge par l’entrée en campagne des uns et des autres, on est plus dans l’invective, la posture et les bons mots que dans la démonstration sérieuse de ce que devra être la politique de la France dans les cinq années à venir. D’un côté on économise, de l’autre on dépense mais la croissance et le chômage restent en l’état alors que l’on a besoin de courage et d’imagination pour trouver d’autres chemins que ceux qui nous ont menés dans l’impasse. Les médias et les sondages tendent à nous enfermer dans un schéma inéluctable, qui consiste à gommer purement et simplement le premier tour pour mettre en concurrence les deux mêmes concurrents au second tour.

Une hérésie

C’est une posture facile dont la tendance est de faire pression sur l’opinion publique ainsi orientée pour ne pas tenir compte des autres candidats dont pourtant nos concitoyens seraient bien avisés d’étudier les propositions. En effet, le choix que nous allons faire, devra faire abstraction des schémas conventionnels droite/gauche et faire place à une analyse sérieuse des propositions économiques destinées à sortir le pays de la crise qui est en train de nous appauvrir considérablement. Or aussi bien les enquêtes d’opinion que les sondages qui nous sont proposés, ont visiblement tendance à occulter les vrais problèmes pour ne s’intéresser qu’à l’écume des choses sans entrer véritablement dans les questions de fond qui minent notre économie. Les questions du genre : «Quel sera votre choix au second tour entre un tel ou un tel ?» en occultant ostensiblement les autres éventualités n’ont qu’un intérêt statistique et présupposé sans aucun intérêt que celui de vouloir orienter le choix des électeurs. D’ailleurs la statistique n’est qu’un instrument mathématique dont la fiabilité est sujette à de telles variables que vouloir en faire un critère de choix est purement et simplement une hérésie. Pour une fois, nous allons être mis en face d’un véritable choix de société qui peut aller jusqu’à remettre en cause toutes les constructions qui ont été faites à ce jour. Le Monde, l’Europe sont à repenser dans leur globalité et les relations qui seront mises en place détermineront l’avenir des générations futures. Quand nous mettrons notre bulletin dans l’urne, nous devrons penser à la Grèce, mère de la démocratie que nous sommes entrain de tuer. Alors sans aucun doute, notre choix sera le bon.



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