Les enfants du divorce

Deux fois en peu de jours, l’actualité s’est intéressée à deux affaires d’enfants victimes du divorce de leurs parents et des déchirures qui s’ensuivent. Les enfants Fortin tout d’abord, Manu et Théo, qui ont vécu dans la clandestinité pendant douze ans avec leur père Xavier qui avait soustrait ses enfants à leur mère pour leur faire vivre ce qu’il avait perçu être leur aspiration, le contact avec la nature. Même si dans ce cas précis, il semble que le résultat ne soit pas si mauvais que cela, il n’en reste pas moins vrai qu’un enfant possède les deux caractéristiques génétiques des parents et que se séparer de l’un deux crée nécessairement un déséquilibre affectif dont les conséquences sont difficilement quantifiables. Pourtant le phénomène du divorce s’accentue d’année en année, si bien qu’il devient désormais d’une banalité consternante sans que la sensibilité des enfants nés de l’union des parents soit un frein à la séparation. Il semble de plus en plus, que le mariage soit un acte qui permette à deux individus de se mettre en harmonie avec la société par l’intermédiaire d’un contrat que le législateur rend de plus en plus aisé à rompre. Il faut ajouter à cela que notre société de plus en plus égoïste ne supporte aucune contrainte, fusse pour permettre aux enfants nés du mariage ou du concubinage de trouver dans l’harmonie du couple les équilibres nécessaires pour affronter plus tard la même situation. Il est plus que probable qu’à leur tour, ils n’auront aucun scrupule pour adopter la même attitude aussitôt qu’apparaîtront les moindres difficultés. Pourtant quoi de plus réjouissant que de donner aux enfants le modèle d’une famille unie, modèle qu’ils voudront à leur tour reproduire et qui à n’en pas douter, est le gage réel du bonheur.
Bon sens ?

Bien sûr le mal est moindre si au-delà de leurs divergences les parents demeurent consensuels en ce qui concerne l’équilibre de leurs enfants lesquels néanmoins devront se résoudre à vivre en présence de “l’autre”, de l’homme ou de la femme qui leur sera imposé et qui sera quoi qu’on en dise l’adversaire plus ou moins à l’origine d’un déséquilibre dont ils sont les victimes. Pour revenir à l’affaire Fortin, cet homme s’est arrogé le droit de soustraire leur mère à ses enfants parce qu’il souhaitait les voir percevoir la vie comme il la percevait lui-même. En faisant cela, il a pris possession de ses enfants sans se rendre compte que des enfants n’appartiennent qu’à eux-mêmes et qu’en aucune façon on ne peut les priver de leur libre arbitre et donc du choix qu’ils doivent avoir le courage d’affronter. L’attitude de leur mère fut quant à elle exemplaire. Privée de l’amour de ses enfants, elle a cependant constaté qu’ils avaient grandi heureux en devenant des hommes capables d’affronter la vie. Elle a donc fait passer l’amour avant toute chose et ainsi oublié la vengeance. La justice quant à elle a bien fait son travail en sanctionnant douze années de privation d’amour pour la mère, mais en reconnaissant au père son abnégation pour donner à ses fils les outils nécessaires pour leur vie future et ce aux dépends de sa propre liberté et de sa vie d’homme. Pour la deuxième affaire, celle de l’enlèvement de la petite Elise, elle est l’archétype d’un excès d’amour de la mère et du déchirement de deux êtres qui se sont pourtant aimés pour donner naissance à une petite fille qui ne demande qu’à vivre heureuse. Il faut souhaiter que le bon sens l’emportera.

 Francis Manaud


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