Les délocalisations

Les usines Renault viennent encore d’annoncer une suppression d’une dizaine de milliers d’emplois en France pour favoriser une délocalisation synonyme de main d’œuvre moins chère. Dans un premier temps les délocalisations se sont faites au sein même de l’Europe dans les anciens pays de l’Est devenus depuis nos partenaires dans la communauté Européenne. Maintenant elles se font de plus en plus vers les pays du Maghreb mais aussi vers l’Inde ou encore la Chine. Pour favoriser l’économie de marché, il faut produire au moindre coût même si pour cela il faut profiter de main d’œuvre corvéable à merci ce qui est un comble pour le pays des droits de l’homme. Ne parlons pas de la qualité des produits fournis, avec les risques que cela comporte en particulier pour les pièces composites des futurs avions. Il faut être conscient que la France perd peu à peu ses industries. Le charbon, l’acier, le textile sont tour à tour passés à la trappe pour laisser place à des régions qui se désertifient lentement aidées en cela par un abandon progressif des services publics.
Cette désertification entraine un exode massif vers des villes qui n’en peuvent plus à force d’asphyxie et de délinquance de tous ordres dont la pire est l’empoisonnement de nos enfants par la drogue. L’industrie aéronautique puis celle de l’automobile n’y échappent pas et elles prennent elles aussi le chemin de l’étranger pour qu’à terme même notre savoir faire ne nous appartienne plus tandis qu’encore des milliers d’emplois sont perdus. Sans parler de notre savoir faire en matière d’énergie nucléaire dont nous allons faire profiter l’Europe sans aucune contre partie. Pour remédier à toute cette hémorragie de main d’œuvre et de savoir faire, les pouvoirs publics n’ont rien trouvé de mieux que le développement du secteur tertiaire lequel hélas ne produit pas de richesse.

Protectionnisme

Car le fin mot est là : richesse. En important désormais plus que nous exportons, nous nous appauvrissons lentement mais sûrement et tous les RSA du monde n’inverseront pas la tendance. Ils ne feront qu’accentuer la pauvreté et avec elle une fracture de plus en plus grande dans la population française, avec à terme les dangers que cela pourrait comporter. Il faut bien en convenir, le libéralisme sauvage n’a fait qu’aggraver les disparités et appauvrir notre société qui ne sait plus garder et exploiter ses richesses. Alors un remède vient de suite à l’esprit : protectionnisme. Il devient urgent que nous pensions à nous protéger contre la gangrène envahissante des produits élaborés au détriment des valeurs humaines les plus fondamentales. Puisque nous avons fait l’Europe, il faut qu’elle se protège à l’intérieur de ses frontières qui comptent assez de monde pour permettre à ses industries de se développer de façon harmonieuse sans avoir recours outre mesure au savoir-faire des autres. Cela bien sûr ne veut pas dire qu’il faille se fermer totalement aux autres puissances économiques, mais tout simplement qu’il faille favoriser les produits européens élaborés au sein de la communauté et n’accepter de commercer avec les autres que dans la mesure où un juste équilibre économique est respecté. Nous ne pouvons nous résoudre en ce qui concerne la France à la voir condamnée à vivre de la seule industrie du tourisme et devenir en tout et pour tout un parc d’attractions géant avec pour seule ambition de montrer ce que nos anciens ont construit alors que nos intelligences et nos cerveaux vont exercer ailleurs leur talent pour le profit des autres ; cela faute d’être considérés à leur juste valeur. Il est temps de protéger nos élites intellectuelles et de leur donner les moyens de s’épanouir chez eux c’est-à-dire chez nous. Les exportations de nos jeunes ne feront pas pencher en notre faveur la balance de nos comptes.  

 Francis Manaud


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