Les colères de la nature

Ces derniers temps, on a pu constater un déchaînement inhabituel de la nature. Inondations sur notre côte atlantique, crues et inondations dans le Var, déferlement des eaux au Pakistan ou en Chine et en Europe de l’Est, tandis que des milliers d’hectares brûlaient dans une Russie accablée de chaleur. Ces sautes d’humeur du climat doivent nous rappeler que la nature a toujours tendance à reprendre ses droits et à discuter pied à pied les acquis que l’homme croyait siens et sans partage. Tous nos efforts pour canaliser, endiguer, modifier le cours de cette nature s’avèrent vains lorsque la force de l’eau ou des flammes repartent à la conquête de territoires un moment perdus. Toutes les digues du monde ne pourront s’opposer à la force de la mer et ceux qui ont pris le risque de s’installer derrière doivent assumer, le jour où la conjonction des éléments interviendra, le fait de s’en voir délogés. La Chine lorsqu’elle a construit le barrage des trois gorges n’a pas pu imaginer toutes les incidences que son choix aurait en modifiant le cours du Yan Tsé Kiang qui a drainé pendant des millénaires ses alluvions jusqu’au delta. Aujourd’hui ces alluvions s’entassent dans les turbines qu’il faut sans cesse dégager, tandis que les terres du delta manquent de cette richesse dont le barrage le prive irrémédiablement.
Raison et vigilance

Sauf si un jour un mouvement terrestre décide de rendre ces alluvions pris par l’homme et provoque la rupture du barrage tandis qu’une vague gigantesque déferlera dans une vallée instantanément reconquise avec la perte de milliers de vies humaines ainsi sacrifiées. La France a hélas connu une telle tragédie lors de la rupture du barrage de Malpasset. Certes les hommes doivent sans cesse imaginer ce que sera demain, privé des énergies fossiles pour continuer à bénéficier de la puissance nécessaire pour poursuivre son évolution vers la modernité et le bien être. La recherche de plus en plus compliquée du pétrole nous a montré avec la catastrophe du golfe du Mexique qu’il va désormais falloir prévoir que de tels accidents surviendront et modifieront à jamais à la fois l’écosystème et l’économie d’une région qui jusque-là s’était contentée de vivre en harmonie avec la nature. Aujourd’hui des milliers d’hommes et de femmes sont dans le désarroi sans savoir de quoi demain sera fait. Et pourtant la nature n’est qu’énergie qu’elle peut et doit nous restituer sans qu’il soit besoin d’en faire une ennemie. Le soleil, le vent, les marées, les orages et plus encore la structure même de l’atome recèlent en eux des potentialités inépuisables et sans risque majeur pour l’avenir. Désormais il va falloir cesser d’affronter la nature et la recherche de la facilité pour découvrir les pistes qui permettront aux générations futures d’éviter de vivre dans la crainte des catastrophes que nous avons récemment vécues. Elles doivent désormais servir d’exemple à ne pas reproduire. Raison et vigilance doivent conduire les hommes à s’installer hors de portée de la colère de la terre et des cieux.   

Francis Manaud


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