L’Equation

Voilà donc passé le premier tour des élections régionales avec une particularité qui interpelle tout le monde : le nombre des abstentions. Presque 54 % de nos concitoyens ne se sont pas déplacés pour faire ce geste symbolique qui consiste à donner son avis sur ce que l’on souhaite pour notre futur immédiat et celui de nos enfants. Alors comme à leur habitude nos hommes et nos femmes politiques se sont empressés de commenter leurs résultats réciproques, bons pour les uns, mauvais ou médiocres pour les autres, prêts qu’ils sont à gouverner sans se demander s’ils ont la légitimité pour le faire. Comment agir et gouverner avec l’indifférence de plus de 50 % de la population ? Comment ne pas interpréter cette désaffection autrement que comme l’incapacité des politiques à donner envie à leurs concitoyens de partager leur vision de la société ? Et comment ne pas les comprendre quand ils voient se profiler les combines du deuxième tour qui leur font abandonner une partie de leurs différences uniquement pour accéder au pouvoir et à ses avantages. Cette augmentation de l’abstention devrait enseigner la modestie et bannir le triomphalisme de la réussite pour chercher les causes du mal et œuvrer pour y remédier. Car une telle situation ne saurait perdurer, elle deviendrait catastrophique et même explosive si elle venait encore à s’aggraver.
Affrontements stériles et combines de comptoirs

Tout se passe comme si toutes les tentatives des gens qui nous gouvernent sont vouées à l’échec. Pire, elles s’aggravent d’année en année à un point tel que les solutions apparaissent impossibles à trouver. En effet comment résoudre cette équation mathématique dans laquelle rien n’est inconnu ? La France : une démographie en hausse, une mortalité en baisse, un chômage en hausse, une industrialisation en baisse et donc pour faire vivre tout cela, de moins en moins d’actifs, et une richesse qui diminue avec une dette abyssale de plus de 150 milliards. Comment continuer à faire confiance à ceux qui nous ont conduits à une telle extrémité sans avoir de sérieux doutes sur leur compétence ? Certains commentateurs politiques sont allés jusqu’à dire que l’abstention résulte d’une méconnaissance des mécanismes des régions et par conséquence un désintérêt pour son objet. C’est prendre les électeurs pour des naïfs, eux qui chaque jour ont à affronter les difficultés quotidiennes directement liées aux compétences ou plutôt aux incompétences des gens qu’ils ont élus par le passé. Ils ne peuvent que constater l’impossibilité de la classe politique à proposer les solutions capables de résoudre les difficultés qui assaillent les citoyens. Pour résoudre l’équation posée à notre société il faut de l’imagination, du courage et de la ténacité. Et il faut pour que le peuple se mobilise, qu’il sente chez ceux qui sont appelés à le diriger, toutes ces déterminations qui sont les caractéristiques des leaders que l’on a envie de suivre. Or que nous propose-t-on jusqu’à maintenant ? Des affrontements stériles, des combines de comptoirs qui ne résolvent en rien les difficultés quotidiennes de nos concitoyens. Et si au deuxième tour ils étaient encore moins nombreux à y aller ?
 

  Francis Manaud


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