L’école de la République

Chaque année la rentrée des classes est l’occasion de faire le point sur les innovations apportées par le ministre en place. Depuis de nombreuses années, il ne se passe pas une seule rentrée qui ne fasse l’objet de modifications significatives qui font tourner la tête des professeurs, des parents et dans une moindre proportion, des élèves qui par définition sont captifs du système. C’est à croire que nos enfants ne sont jamais les mêmes d’une année sur l’autre ; ce qui justifie ces fameux changements sensés améliorer les choses qui pourtant paraissent simples en matière d’éducation de la jeunesse. Les parents sont là pour leur apprendre le savoir-vivre et à se comporter en société, tandis que les maîtres le sont pour leur apprendre à lire, compter, puis plus tard leur donner le goût et la curiosité d’apprendre le pourquoi et le comment de ce qui les entoure. En un mot, leur transmettre leur savoir.
En ce qui concerne les parents, on constate que de plus en plus, ils ont abandonné à l’école le soin d’éduquer leurs enfants. Ce qui n’est pas sans conséquence car les mauvaises habitudes prises en amont de la scolarisation sont après très difficilement récupérables. Quoique que l’on veuille en dire, la sanction et dans une mesure raisonnable le châtiment corporel, sont deux pratiques qui doivent faire comprendre à l’enfant la limite entre ce qu’il doit faire ou ne pas faire et la simple explication n’est pas toujours suffisante pour obtenir le résultat escompté. Malheureusement nos sociétés de plus en plus permissives ont tendance à vouloir tout régler par la psychologie, peut-être pour donner des débouchés à une profession qui en manque. Une bonne fessée est souvent plus douloureuse pour la main qui la donne que pour la partie du corps qui la reçoit. Mais il paraît que la loi l’interdit !

Savoir-vivre

Quelle erreur regrettable comme l’est aussi de voir des parents poursuivre en justice un enseignant à la main un peu leste quand justement il a par ce geste, pallié au défaut d’éducation d’un élève injurieux. Et que dire de la justice qui condamne l’enseignant quand elle devrait condamner bien souvent les parents. Les professeurs quant à eux se plaignent. Classes surchargées, changements constants dans le contenu des programmes, incivilités… et la liste n’est pas exhaustive. Il est certain que les cours particuliers sont plus profitables que ceux dispensés dans des classes trop chargées. Encore que, pouvoir se situer en fonction d’un environnement ne peut que préparer à ce que sera plus tard la réalité économique. Il est vrai cependant que les changements dans les programmes n’ont pas toujours donné de bons résultats quand on voit la caissière d’une banque compter sur ses doigts ou encore un journaliste collectionner les fautes d’orthographe. La dictée, la récitation, le calcul mental sont des pratiques simples qui ont fait leur preuve sur des générations entières, alors pourquoi en changer ? Pour faire un sportif, rien ne remplace l’éducation physique. Quant à la discipline, si Mai 68 l’a bien mise à mal, il convient que les enseignants cessent de vouloir se mettre au niveau des élèves. Le respect passe qu’on le veuille ou non, par le vouvoiement et sûrement pas par le copinage. Les hussards noirs de la troisième République nous ont laissé en héritage un savoir-faire et un savoir-vivre. Il nous suffit de savoir les adapter à nos sociétés pour assurer à notre éducation le succès qui au fil des ans l’a sérieusement abandonné.  

 Francis Manaud


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