Le Trop plein

Lors d’une de ses célèbres conférences de presse, le Général de Gaulle qui évoquait l’éventualité de son départ et de son remplacement, ironisait non pas sur le vide qui s’en suivrait mais bien au contraire sur le trop plein qui ne manquerait pas d’intervenir. Quelques décennies après son départ, l’on peut dire qu’il s’agissait bien de paroles prophétiques si l’on se réfère à ce qui se passe en France un an à peine avant l’élection du président de la république. Devant les difficultés qui se profilent à l’horizon, on aurait pu croire que les candidats à la succession du président actuel se feraient plus timides. Non seulement il n’en est rien mais bien au contraire, chaque jour que Dieu fait, on apprend une nouvelle candidature. A droite, à gauche, au centre, partout des voix s’élèvent pour venir remplacer celui dont la popularité s’effrite dans les sondages. Cet effritement provoque d’ailleurs un sauve-qui-peut dans le parti majoritaire car on l’aura bien compris, ce qui compte pour la grande majorité des parlementaires, c’est de retrouver un siège pour cinq ans et donc de recevoir une investiture la plus porteuse possible. Pour cela il faut être le plus près d’un homme ou d’une femme susceptible de devenir président car la réforme constitutionnelle laisse peu de chance de voir un parlement d’une autre tendance que celle du président, bien qu’en France rien ne soit totalement impossible. Ce qui paraît absolument incompréhensible pour le commun des mortels, c’est que chaque prétendant prétend pouvoir apporter remède à nos difficultés actuelles comme s’il suffisait de dire pour pouvoir faire.
Cesser ce phénomène de balancier

Ce sont bien sûr les propos les plus démagogiques qui sont les plus attirants et à les écouter, on croirait se trouver dans un champ de foire occupé par des bonimenteurs alors que s’il existait une politique miracle, il y a bien longtemps qu’elle aurait été inventée et appliquée. En fait cette politique existe qui consisterait une bonne fois pour toutes de cesser ce phénomène de balancier qui vise à détruire ce que les autres ont fait, sans aucune espèce de créativité. Comme si le succès ne résidait que dans la négation de ce qui est en place. Il serait toutefois naïf de prétendre que tout ce qu’avancent ces prétendants au pouvoir est dénué d’intérêt. Leur seul défaut est de vouloir jouer une partition en solo alors qu’elle mériterait sans doute de s’harmoniser avec celle des autres car nul ne peut détenir la vérité à lui seul. Il faut que la droite prenne conscience que la pauvreté grandit et qu’il faut sérieusement trouver le moyen de mieux répartir les richesses ou à défaut d’avoir le génie d’en créer de nouvelles. Il faut que la gauche fasse comprendre que le capital est une prise de risque qu’il faut rémunérer à sa juste valeur et que la lutte des classes ne peut conduire qu’à la perte de tous. Enfin, que les écologistes cessent de croire qu’ils peuvent être à eux seuls une force de gouvernement tout en sachant que leur raison d’être, est avant tout d’être les gardiens attentifs d’un bien qui est indispensable la vie des hommes. C’est à ce titre que nous vaincrons les difficultés du moment. Il faudra choisir un chef d’orchestre qui n’aura qu’un seul désir : bien jouer la partition France dont l’histoire a déjà composé les plus belles des pages.   

Francis Manaud


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