Le travail

«Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front», voilà une phrase d’où qu’elle vienne qui a changé la face du monde alors que l’homme eut été certainement plus heureux s’il avait pu vivre sans travailler. Encore que certains vous diront que sans le travail, ils sont perdus et malheureux. Cette catégorie étant de loin minoritaire sur la question, mieux vaut réfléchir sur ceux qui considèrent le travail indispensable pour vivre, même si s’en passer ne les gêneraient nullement.

Car en fait rien n’est moins naturel que le travail, si l’on considère qu’à l’origine pour simplement se nourrir et vivre, l’homme chassait, pêchait ou encore se suffisait des produits de la terre. En fait il n’avait besoin que de cela parce que son seul travail consistait à se nourrir guidé par son instinct de conservation. Et le monde aurait pu continuer à vivre ainsi sans autre souci que la perpétuation de l’espèce, s’il ne s’était pas divisé en deux pôles, celui qui assure la survie et qui est rémunéré pour cela, et celui qui est là pour rendre la vie du premier plus confortable. Toute la perversion du travail est intervenue lorsque l’homme a décidé de lui donner une valeur autre que celle de sa survie. Et cette valeur le plus souvent synonyme d’habileté a commencé à créer dans nos sociétés des différences qui n’ont cessé de s’accentuer au fil des temps. Aujourd’hui, cette différence dans certains cas est devenue telle que l’on est en droit de se poser la question de savoir si elle est justifiée.

Dignité

Si l’on peut concevoir par exemple que les grands patrons de l’industrie ou du commerce méritent des salaires conséquents pour leur travail et la responsabilité qui devrait en découler, la comparaison avec la rémunération des travailleurs les plus humbles a quelque chose d’indécent surtout si on la rapporte au postula premier relatif au simple fait de la nourriture. Ce constat étant fait, il est aussi nécessaire de se retourner vers une autre injustice, celle du chômage. Il ne devrait être que le reflet d’une société solidaire qui a le souci d’aider momentanément les plus démunis étant entendu que le devoir impérieux de l’homme est d’assurer sa subsistance. Or force est de constater que ce système est perverti à un point tel que pour certains, il est devenu un sport national qui fait de ceux qui le pratiquent volontairement des parasites qui reçoivent sans rien donner en échange. Vivre ainsi c’est nier le fait que l’homme doit assurer sa subsistance quand bien sûr il est en mesure physiquement de le faire. Il est donc urgent de prendre les dispositions nécessaires pour que toute aide de la collectivité soit payée en retour. Les chômeurs doivent à leur honneur de rendre dans la mesure de leur possibilité l’avantage qui leur est fait de pouvoir profiter de la solidarité nationale. Sans perturber l’économie dans sa marche, il y a un tel besoin d’aide dans tous les domaines qu’utiliser toutes les compétences ne peut être que bénéfique. Bénéfique en tout premier lieu et efficace pour ceux qui en recherche d’emploi auront ainsi l’occasion de rester dans la vie active et éviter par là même une marginalisation sans cela inéluctable. Dignité donc à chacun des bouts de la chaîne car sans cela, il est à craindre qu’un jour ou l’autre la machine ne se grippe et que le désordre ne devienne inéluctable.  

Francis Manaud



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