Le Tibet et la Chine

C’est dans cinq mois que les Jeux Olympiques vont s’ouvrir en Chine. Ce sera pour ce pays une immense vitrine devant laquelle vont défiler des milliards d’êtres humains par l’intermédiaire des caméras du monde entier. Ce sera un paradoxe pour ce pays qui par ailleurs cultive le secret de son mode de vie et de son comportement vis-à-vis des peuples qui le composent. Qui peut en effet croire qu’un pays aussi vaste n’est composé que d’une seule et même ethnie ayant d’ouest en est les mêmes mœurs et les mêmes cultures et traditions ? Le voilà donc cet immense pays, longtemps replié sur lui-même occupé à cimenter son unité comme l’ont fait avant eux les vieux pays d’Europe. Jadis à l’abri de son imposante muraille, la modernité qui a supprimé toutes les barrières physiques l’ont obligé à s’ouvrir sur le monde qui l’entoure et pour lequel il est désormais un défi. Sa richesse principale, l’immensité de sa population, qu’il a fallu contenir pour éviter qu’elle ne devienne un casse tète nutritionnel. Richesse qui lui permet de devenir la rivale incontestée de toutes les économies basées sur la main d’œuvre et par conséquence rivale de ceux qui en vivaient. Mais pour cela il a fallu qu’elle impose une discipline de rigueur, un rythme de travail effréné qui n’admet aucune faiblesse et oublie les Droits de l’Homme pour ne lui imposer que des devoirs.

Economie et liberté

Devant l’immense marché qu’elle constitue, les grandes puissances ont du mal à dénoncer un régime qui à la fois s’ouvre de plus en plus en terme de marché, mais qui continue à exercer sur le peuple une emprise totalitaire. Une nouvelle fois donc, les Jeux Olympiques joueront un rôle prépondérant sur l’image de ce que sera l’avenir du monde dans les années à venir. Comment ne pas se souvenir de ce que furent les jeux de 1936 qui devaient révéler au monde sans pour autant qu’il s’en émeuve, la montée fulgurante du nazisme ? Il n’est pas douteux que Pékin voudra, de la même façon, nous montrer que désormais les Chinois ont la même capacité que les grands pays industriels et qu’il faudra composer avec eux pour que se réalise un nouvel équilibre économique mais aussi politique. Elle ne permettra pas que l’on lui conteste sa façon autoritaire de gouverner, et il est à craindre que le Tibet soit dans ce domaine un terrain idéal. Pour la Chine, le Tibet est un symbole trop important pour qu’elle puisse autoriser une quelconque indépendance qui mettrait à sa porte une possible puissance étrangère. Le vieux syndrome protectionniste de la grande muraille n’a pas tout à fait disparu, même si désormais les montagnes ne sont plus infranchissables. Alors la répression va pouvoir continuer, le peuple Tibétain muselé, déporté, humilié sans que les grandes puissances économiques ne lèvent le petit doigt pour crier à l’ingérence et à la nécessité qu’aurait ce peuple à disposer de son avenir. Désormais ce ne sont plus le droit et la justice qui sont les maîtres du monde, c’est la seule puissance économique qui pendant encore de longues années mettra un bâillon à la liberté.



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