Le temps de la justice et le temps du crime

Maëlle une petite fille de cinq ans a été enlevée et violée dimanche dernier avant d’être libérée par son bourreau. L’agresseur présumé, un homme de 39 ans était connu des services de police pour détention d’images à caractère pédopornographique et subissait un suivi socio judiciaire auquel il n’aurait pas répondu récemment. Si l’alerte avait été donnée pour qu’il se présente à la requête du juge, il est bien évident dans ce cas précis comme dans bien d’autres, que le temps de la justice n’est pas celui du temps des criminels. Le laps de temps nécessaire à l’administration judiciaire pour constater le non respect d’un jugement est largement suffisant pour permettre au condamné d’accomplir un nouveau forfait que seul un enfermement aurait pu empêcher. Même le bracelet électronique dans ce cas n’aurait servi qu’à localiser l’individu sans l’empêcher d’agir. Voilà désormais une petite fille qui durant de longues années aura en mémoire les moments atroces qu’elle a vécus. Force est de constater l’impuissance de notre société à régler ces problèmes de déviances sexuelles sauf à comprendre que c’est uniquement en isolant définitivement ces individus dangereux que l’on  pourra sinon supprimer, tout au moins diminuer leur nombre et leurs méfaits. Si la brutalité morale des images que l’on a pu constater lors de l’arrestation de DSK est condamnable, il semble que la loi américaine soit du point de vue de la récidive plus efficace que la nôtre, bien que de récentes lois l’aient considérablement amendée.
Des mesures plus conformes

Si l’on a été étonné à l’énoncé de l’énormité des peines encourues par l’ancien directeur du FMI du fait des accusations portées contre lui, c’est que notre droit ne tient pas compte du cumul éventuel des peines encourues. En France il n’y a récidive que si un crime est commis après l’accomplissement d’une peine précédente. Alors et alors seulement, la loi devient plus stricte quant à l’exécution. Mais des lors qu’un tueur en série commet plusieurs crimes avant son appréhension, il bénéficiera du cumul des peines, la plus importante prévaut alors sur les autres. C’est ainsi que quelques criminels de cet acabit vont bientôt sortir de prison alors même qu’ils ont été convaincu de nombreux assassinats et dont on peut craindre que la prison n’ait pas été une thérapie pour leur penchant. Aux Etats-Unis, de tels individus finiraient leur vie en prison car c’est le seul moyen hormis celui de la peine de mort de se prémunir d’éventuelles récidives. Car si l’on se met à la place des parents des victimes, comment ne pas réagir à de telles mesures de remises en liberté sans mettre de côté la crainte de la récidive toujours possible ? Il n’est pas douteux que sur ce point précis, notre droit doive évoluer vers des mesures plus conformes au simple bon sens car sinon, nous courons le risque de remettre en liberté de futurs producteurs de drames. Bien sûr cela a un coût, celui de la sécurité qu’un Etat doit avant tout à ceux qu’il prétend défendre.  
   

Francis Manaud



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