Le retour des points !

En bravant la sacrosainte discipline de la majorité, les députés sont allés à l’encontre des souhaits gouvernementaux. Ils viennent de retoucher le régime jusque-là draconien des points sur le permis de conduire. En effet au prétexte des plus avouables qui souhaitait mettre un coup d’arrêt brutal à la mortalité routière, la règle mise en place frôlait dans certains cas l’absurde. Fort heureusement nos élus, certainement harcelés par leurs électeurs, sont revenus à une gestion plus humaine d’un problème dont les conséquences auraient pu être dans certains cas dramatiques. Confier un problème humain à des machines aussi performantes soient-elles, confine à l’absurde et fixe les limites qu’il est dangereux de franchir. En effet il n’a jamais été tenu compte de la fréquence d’utilisation d’un véhicule et à l’évidence le calcul des probabilités pénalise un chauffeur routier, un chauffeur de taxi ou encore un représentant de commerce pour qui la voiture est non seulement une deuxième résidence principale, mais encore un gagne pain sans lequel le seul horizon possible est le chômage. Si leur utilisation quotidienne de la voiture ne leur donne pas tous les droits, on doit tout de même leur concéder une certaine indulgence incompatible avec la froideur du robot. En repoussant à trois ans la possibilité de récupérer l’ensemble de leurs points, c’était à terme les condamner pratiquement à perdre leur outil de travail avec les conséquences humaines que cela pouvait entraîner.
Education et sagesse

Alors en bons Français que nous sommes, les astuces n’ont pas manqué de fleurir. Les uns ont fait conduire un aïeul grabataire, d’autres ont acheté des prête-noms sur internet, enfin et c’est le plus grave, certains sont partis sur les routes sans points, sans permis et sans assurance. Ne plus avoir de permis de conduire, c’est ne plus avoir d’assurance, et sans assurance, un accident corporel même si l’on n’est pas responsable, peut entraîner la ruine matérielle de celui qui y est mêlé. C’est donc un drame dont les conséquences poursuivent un individu toute sa vie. De plus quand l’on constate l’intelligence avec laquelle les radars sont implantés, on est en droit de se demander si dans certains cas la sécurité routière a été le souci majeur de ceux qui les ont initiés. En effet, alors que la grande majorité se trouve en bordure des autoroutes, les accidents les plus graves interviennent sur le réseau secondaire qui en est le plus souvent dépourvu. Et le pire est à venir avec les radars aux feux rouges qui ne sont pas signalés et dont le fonctionnement est redoutable surtout pour ceux qui sont étrangers aux villes qu’ils traversent. Bloqué dans un carrefour par un embouteillage lorsque l’on dégage, le flash est incontournable avec quatre points en moins, à la discrétion de ceux qui analyseront les clichés, et comme il y en a des milliers ! On en viendrait à regretter le bon vieux policier qui réglait la circulation aux croisements. Plus on avancera dans le temps, plus il y aura de voitures et plus il faudra être attentif aux permis de circuler. L’assouplissement intervenu est une bonne chose mais il n’en est pas moins vrai que la solution passera par l’éducation et la sagesse des conducteurs dont l’apprentissage devra être de plus en plus sérieux et responsable.  
 

Francis Manaud


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