Le mille-feuilles

Cela devient une habitude de gouvernement. Dès qu’un événement grave se produit, nos responsables se précipitent dans l’instant et le plus souvent sans discernement pour essayer de remédier à la chose. C’est ainsi par exemple qu’au motif de diminuer la dette publique, il a été décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. La conséquence en est qu’il est taillé dans tous les secteurs sans se demander si dans tel ou tel ministère cette pratique peut être envisagée sans conséquence fâcheuse. Aujourd’hui on vient de constater un accroissement anormal du nombre des tués sur la route. Immédiatement, c’est le branle-bas de combat. Comme ce fut le cas pour la loi qui concernait la récidive, les pouvoirs publics se lancent dans le tout répressif sans qu’aucun discernement ne soit envisagé. Personne bien sûr ne peut se réjouir de voir augmenter le nombre de tués sur les routes de France. Il faut donc réfléchir sur le pourquoi et le comment des choses. Il est bien évident que l’accroissement du parc automobile ne peut qu’entraîner une plus importante survenance des accidents et à ce titre, il serait bon de faire un ratio qui tiendrait compte de cette évidence. Le tout répressif conduit dans le domaine de la sécurité à des aberrations qu’il convient de dénoncer. Il n’est jamais fait une quelconque différence entre les automobilistes occasionnels et ceux dont la profession implique l’usage obligatoire et quasi permanent d’un véhicule.
Une injustice flagrante

En dotant tout un chacun du même nombre de points au permis de conduire, on crée dès lors une injustice flagrante vis-à-vis de professionnels qui devraient en posséder au moins deux fois plus pour atténuer le phénomène de probabilité d’accidents ou d’infractions. Il serait d’ailleurs bon à cet effet de faire là aussi un ratio d’accident par profession comme le font les compagnies d’assurance. Si l’expérience n’implique pas forcement la compétence, elle est sans aucun doute un facteur de meilleur comportement. La question de suppression des panneaux avertisseurs de radar peut elle aussi faire sourire. Il est bien évident que leur présence a dû réduire considérablement leur rentabilité. Les supprimer ne fera rien de plus qu’augmenter les recettes de l’Etat, réduire le nombre des points des permis et augmenter le risque de mettre de plus en plus de gens sur les routes sans permis et donc sans assurances et dans le cas d’accidents graves ruiner à jamais leurs auteurs. Et que dire ou faire des GPS inclus dans les voitures haut de gamme qui continueront bien sûr à indiquer les radars fixes. Encore une discrimination supplémentaire pour ceux qui n’en possèderont pas. L’alcool, la drogue et la jeunesse doivent être de loin nos motifs de préoccupation. La voiture conduite par quelqu’un alcoolisé ou drogué devient une arme et à ce titre tout devrait être fait pour en dissuader les utilisateurs. Les jeunes conducteurs en premier lieu ne devraient pas être autorisés à conduire de véhicules puissants dans un délai donné, le temps pour eux de s’approprier les réflexes nécessaires. Pour l’alcool et la drogue, il conviendrait d’assurer des contrôles systématiques au sortir des établissements de nuit qu’ils fréquentent et faire preuve d’une sévérité sans faille. Tout cela existant déjà plus ou moins, il suffirait de l’appliquer avec rigueur. Alors pourquoi ne pas le faire et épaissir le mille-feuilles ?

Francis Manaud


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