Le coup de main

S’il est une main qui a fait en moins de 24 heures le tour de la planète, c’est bien celle de Thierry Henry lors du match Irlande/France. Elle aurait pu passer dans d’autres circonstances pour un banal incident de jeu, passé inaperçu aux yeux des arbitres, si elle n’avait entraîné la disqualification de l’Irlande au profit de la France. Ce qui est intéressant de constater à l’issue de ce geste malencontreux, c’est l’attitude des uns et des autres selon que l’on se trouve dans un camp ou dans un autre. Dans un premier temps, Thierry Henry a prétendu que son geste n’était pas intentionnel, ce qui fut démenti par un ralenti sans concession. Il lui a fallu alors revenir à l’évidence : son geste n’était ni plus ni moins qu’une tricherie. Difficile à avouer pour le capitaine de l’équipe de France par ailleurs apprécié de tout un public. Pour protéger son image, il aurait été bien inspiré de se rapprocher immédiatement de l’arbitre pour avouer sa faute et attendre sa décision. Ne pas l’avoir fait, expose ce joueur à un avenir difficile car il est fort à parier que désormais jusqu’à la fin de sa carrière, il fasse l’objet de sifflets et de lacis de la part d’un public qui ne lui laissera rien passer. De la même façon, l’avenir de la France dans la compétition du mondial sera sans nul doute terni par cette qualification pour tout dire imméritée. C’est de toute évidence ce que n’ont pas compris et les dirigeants du football français et les hommes et femmes politiques présents sur l’événement.
La plus belle gifle

Lorsque l’on voit à l’issue de la rencontre le Président Escalettes se jeter dans les bras de l’entraîneur, alors qu’ils savent l’un et l’autre ce à quoi est due la victoire, on peut se demander légitimement si notre football ne mérite pas mieux à sa tête ? Et quel exemple pour notre jeunesse si prompte à imiter ce qui est interdit ? En ce qui concerne le personnel politique, la réaction n’est pas meilleure. La secrétaire d’Etat aux sports ne savait pas que le but était entaché d’irrégularité, le principal pour elle étant la qualification au mondial. Qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse ! Le Président de la république ? Pas de commentaire si ce n’est qu’il s’en remet pleinement aux responsables, un remake de Ponce Pilate et pas un mot sur la manière. Tout ceci est navrant, surtout lorsque l’on apprend le montant des primes allouées aux joueurs sans parler de l’entraîneur qui serait bien inspiré de reverser la sienne à une œuvre caritative. En définitive, la grande leçon de cette rencontre nous est donnée par ce petit peuple Irlandais battu mais fier, fier surtout de ne pas avoir cédé à cette mode qui consiste à finir les matches en brûlant des voitures, en pillant des boutiques et en cassant tout sur son passage. Et nous, pauvres Français qui aimons donner des leçons aux quatre coins de l’Univers, nous venons de recevoir de ces Irlandais la plus belle gifle qui nous soit donnée de recevoir. Nous irons en Afrique du Sud mais avec une mentalité pareille, il est fort à parier que nous n’y ferons pas un long séjour.    

 Francis Manaud


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