Le citoyen et la politique

La transformation de la constitution qui a ramené de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel, a considérablement modifié le climat politique et changé la perception qu’en avait le citoyen. Cinq ans c’est relativement court pour mettre en œuvre une stratégie politique cohérente. Cela sous-entend que le Président en place soit fondé à postuler cinq ans de plus ; ce qui alors peut devenir trop long si la réussite n’est pas au rendez-vous. Il va falloir de ce fait que le citoyen soit en mesure de juger avec clairvoyance si la politique mise en place est ou non profitable à la nation. Ce constat implique de toute évidence que le citoyen soit suffisamment impliqué dans la compréhension de la politique menée pour porter, le moment venu, les jugements qui permettront le choix définitif. Malheureusement les dernières confrontations électorales ont montré le peu d’intérêt porté par les électeurs sur la chose publique. Il est impératif que cela change si l’on ne veut pas qu’à terme, les choix politiques se fassent en dehors des bureaux de vote. Le changement constitutionnel montre d’ores et déjà que la bataille pour les prochaines élections présidentielles a commencé à plus d’un an et demi de l’échéance ; ce qui paralyse dangereusement l’évolution des réformes pourtant indispensables pour notre pays. Ce qui paraît paradoxal, c’est l’engouement des hommes et des femmes politiques pour un combat dont l’enjeu débouche sur une situation économique et sociale des plus délicates.
Obligation de résultat ?

Une dette abyssale, un chômage à la hausse, un climat social délétère avec une délinquance de plus en plus dure, de quoi décourager les plus optimistes avec une Europe déguisée en gendarme prêt à verbaliser. Qu’à cela ne tienne, ils sont tous prêts à relever le défi et bien entendu à demander encore plus d’efforts à ceux qui sont au bord de la syncope. Car tous les prétendants sans exception ont fait partie des équipes qui nous ont menés aux difficultés actuelles en ne prenant pas les mesures qui s’imposaient suffisamment en avance pour éviter l’asphyxie qui menace notre génération mais plus grave encore les générations à venir. Par manque de courage nous voilà confrontés à des difficultés dont on ne voit pas comment sortir si nous continuons à accepter comme guides les mêmes personnages dont il est permis de penser qu’ils sont plus préoccupés de leur bien propre et de leur carrière qu’à celui d’un pays qu’ils prétendent aimer et défendre. Depuis que la politique est devenue un métier, on se rend compte que le personnel qui le sert est de plus en plus incompétent ; ce qui impliquerait comme dans toute bonne entreprise qui se respecte, le licenciement pur et simple. Mais pour cela il est impératif que nous les électeurs, prenions les choses en main en refusant d’être gouvernés par moins de la moitié des suffrages exprimés. Il est indispensable désormais d’être profondément attentifs aux programmes qui seront proposés par les divers candidats afin de suivre leurs évolutions au cours des années de gouvernance. Et pourquoi pas en vertu de l’obligation de résultat, interdire à ceux qui ont échoué de briguer de nouveaux mandats ? Le personnel politique en serait naturellement renouvelé pour ne laisser la place qu’à ceux des leurs, compétents.    

Francis Manaud


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