Le blues des pompes

Décidément l’Europe, qui se caractérise par son inquiétude à se pencher sur des sujets dont l’importance immédiate nous échappe, vient d’éditer de nouvelles normes qui concernent les pompes à essence et les stations services. Désormais obligation est faite aux exploitants de satisfaire à ses normes sous peine comme d’habitude d’amendes voire de fermetures. C’est le député Dimitios Papadimoulis qui a déposé un rapport au parlement, lequel a été adopté à une majorité quasi absolue. Ironie du sort qui veut que ce soit un Grec dont le pays va bénéficier de la manne des pays de l’Europe, qui vienne compliquer la vie de centaines de petits exploitants par une directive dont ils seraient bien passés. Ce sont de telles dispositions qui nous font sérieusement réfléchir sur l’utilité d’un parlement Européen qui aurait mieux fait de s’intéresser à la crise économique plutôt qu’aux vapeur d’essence qui s’échappent lors des remplissages des réservoirs de voitures. Où faudra-t-il arriver dans l’absurde pour comprendre que nous marchons sur la tête ? Pour soi-disant installer un dispositif destiné à recapturer les vapeurs d’essence, il faudra disposer d’un capital d’au moins cinquante mille euros, ce qui laisse à penser qu’il faudra quelques dizaines d’années pour amortir l’investissement, si tant est que cela soit possible. Et pourquoi ne pas avoir envie d’éclater de rire sur l’économie réalisée quand l’on assiste dans le Golfe du Mexique à une catastrophe écologique sans précédent par l’incurie d’une société exploitante qui ne veille qu’à ses intérêts ? Mais une telle disposition n’est pas sans conséquences ; lesquelles n’ont visiblement pas été prises en compte.
La France n’est pas l’Amérique

Il est bien évident que les grosses stations services pourront sans aucune difficulté satisfaire ces nouvelles exigences. Mais qu’en sera-t-il pour les stations isolées des indépendants qui ne disposeront pas des fonds nécessaires ? Il est évident qu’elles fermeront et avec elles, les services de tous ordres rendus à une population isolée qui n’aura désormais plus le choix que d’aller faire le plein au supermarché qui finira de tuer un commerce de proximité dont la disparition ne fera qu’accentuer la désertification de nos campagnes. Décidément tout est fait pour attirer les populations vers les villes dont le développement anarchique et trop lent ne peut absorber ce flot continu qui engendre misère et délinquance. Les grandes enseignes ont, elles, bien compris le phénomène : Attirer par le prix de l’essence le plus de gens possible pour les rendre captifs et leur imposer l’achat de marchandises fabriquées ailleurs à vil prix au détriment d’hommes et de femmes esclaves modernes d’une société sans âme. Peu leur importe que nos paysans ne vivent plus de leur terre et que nos industriels soient dans l’obligation de fermer leur usines. Elles auront fait leur marge et satisfait leurs actionnaires mais pour combien de temps encore ? Le temps viendra et le plus tôt sera le mieux où les gens reviendront à la raison. La France, ce n’est pas l’Amérique et l’Europe, les Etats-Unis.   

Francis Manaud


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