Le bilan et les calculs

Francis Manaud

Les résultats du premier tour de l’élection à la présidence connus, viennent tout naturellement après, les commentaires et les calculs qui s’imposent. Il faut dire que les commentateurs et les prévisionnistes de tous poils n’avaient pas envisagé tout à fait la même grille à l’arrivée, de telle manière qu’il fallait reprendre à zéro toutes les hypothèses un temps avancées. Pour se faire, les grandes chaînes de télévision n’hésitent pas à faire appel à tout ce que le monde économique compte de sommités, lesquelles accrochées à leurs petites calculettes s’en donnent à cœur joie tout en tentant de faire oublier les erreurs d’appréciation dont elles se sont rendues coupables auparavant. Désormais les grands stratèges politiques se remettent au travail pour disséquer le corps électoral dans ses intentions et surtout dans les choix définitifs qu’il va être amené à faire. Dans un premier temps la chose est relativement facile. Le MoDem au centre, avec à droite le vote des partis dits de droite et à gauche ceux dits de gauche. On fait l’addition et avec un centre partagé en deux, c’est Sarkozy qui l’emporte. Solution bien trop simple pour nos analystes qui ne pourront pas tenir quinze jours d’antenne avec si peu à offrir aux auditeurs et aux téléspectateurs. Il y a soi-disant une constante, c’est que la gauche est unitaire tandis que la droite ne l’est pas. Il vient tout de suite à l’esprit que le plus important mais aussi le plus simple serait alors que la droite s’unisse pour faire comme la gauche.

La démocratie, vainqueur

Mais comment faire mentir Guy Mollet qui disait de la droite française qu’elle était «la plus bête du monde» ? Serait-il possible que toutes les tendances droitières s’assoient autour d’une table pour décider d’une politique commune ? Il semble d’après nos analystes que cela soit impossible ; chacun voulant l’hégémonie et courir ainsi le risque quasi certain de perdre la majorité et donc le pouvoir. A partir de là, tout est possible et tous les calculs sont permis et ce sont les partis intrinsèquement minoritaires, le centre ou le front national, qui vont faire pencher le fléau de la balance à droite ou à gauche surtout si les leaders ne donnent aucune consigne de vote. Ce serait d’ailleurs peine perdue ; chaque électeur étant libre de son choix dès lors que son parti n’est plus en tête de la compétition. Cette situation est d’ailleurs paradoxale quand on se souvient que le fondateur de la cinquième République ne souhaitait pas que ce soient les petits partis qui in fine soient les aiguillons de la politique. Dès lors tout est permis et les commentateurs peuvent s’en donner à cœur joie. La politique devient de la chimie ou de la cuisine qui consiste à doser les proportions variables qui vont faire la décision finale. Un peu de MoDem à gauche auquel on ajoute un peu de front national et nous voilà à gauche pour cinq ans ! Et si au contraire pour faire mentir les sondages quelques Mélenchon venaient se perdre à droite ? Décidemment, tout cela est bien vain et inutile. Laissons faire le bon sens des électeurs et le vainqueur dans tous les cas, ce sera fort heureusement la démocratie et nous ferons avec.



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