L’Automobile

Dans le cadre de la relance de l’économie, le gouvernement a fait un effort particulier pour permettre aux propriétaires de véhicules âgés de plus de dix ans de disparaître de la circulation. Il faut bien reconnaître qu’en renouvelant ce parc automobile vieillissant deux objectifs essentiels sont atteints : diminuer les risques d’accidents provoqués par des automobiles plus ou moins bien entretenues, et surtout le maintien d’une activité industrielle pourvoyeuse d’une main d’œuvre importante en ces temps où le chômage s’accélère d’une manière très importante voire inquiétante. Encore que dans ce domaine, on se rend compte que les ventes profitent aux petites citadines, pour la plupart produites dans les pays à bas coût de main d’œuvre. Cette constatation a d’ailleurs de quoi nous interpeler quand l’on constate une fois de plus qu’une concurrence sévère se développe au sein même de l’Europe alors qu’il semblerait plus logique que cette concurrence n’affecte que les pays en dehors de cette Europe. Tout se passe hélas comme s’il fallait que les pays les plus pauvres de l’Union Européenne entraînent une paupérisation de son ensemble au détriment des nations les plus prospères. Cette constatation pose une fois de plus avec acuité la précipitation avec laquelle on a élargi cette Europe sans tenir compte des économies disparates des pays qui la composent.
Vivre en harmonie

On voit bien désormais que l’industrie automobile occupe une place indispensable dans les économies du monde, la chute de Général Motors aux Etats-Unis le prouve surabondamment s’il en était besoin. Et pourtant il est important de se poser la question de savoir jusqu’où la progression de cette industrie pourra aller et quelles en seront les limites. Si d’un côté la voiture et ses dérivés ont permis à l’homme de se sentir libre, cette liberté va désormais entraîner des contraintes de plus en plus importantes dont il serait inconscient de ne pas tenir compte. Tout d’abord celle qui est désormais inéluctable, l’épuisement progressif des sources d’énergie qui vont devoir faire place à des produits de remplacement dont il faudra qu’ils se substituent tant au plan énergétique qu’économique ; la fiscalité moderne étant désormais associée et liée à ce mode de déplacement. Ensuite, la multiplication des voitures ne peut qu’à terme entraîner une paralysie progressive des axes de circulation, principalement dans nos villes anciennes qui ne sont pas du tout faites pour absorber un trafic de plus en plus important, sans parler du stationnement qui devient de plus en plus pléthorique. Il conviendra donc dans l’avenir de tenir compte de tous ces impératifs pour contenir la production automobile dans des limites qui permettront de pouvoir vivre en harmonie avec elle pour éviter de transformer la liberté qu’elle procure en une contrainte qui pourrait devenir à terme si l’on n’y prend garde totalement insupportable.  

Francis Manaud


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