L’après-Xynthia ; Non négociable !

Ces mots furent prononcés par deux préfets de la république après que furent établies les zones noires dans lesquelles les maisons de la Charente devaient être détruites à la suite de la tempête Xynthia. Six semaines à peine après la catastrophe, tout était dit : l’Etat dans sa grande sagesse avait tracé un trait sur la carte au-delà duquel tout devait disparaître. Une fois de plus on agissait dans la précipitation comme si le phénomène observé en février devait se reproduire le lendemain au mépris des lois les plus élémentaires de la probabilité. Mais il est à noter que le chef de l’Etat en se déplaçant pour mesurer l’ampleur de la catastrophe avait annoncé comme à son habitude que cela n’aurait pas à se reproduire. Sitôt dit sitôt fait, les géomètres de tous poils avaient dû se pencher dans leurs bureaux parisiens pour tracer des courbes de niveau et accoucher d’une zone noire sans prendre la peine d’aller sur place voir si par hasard leurs calculs théoriques pouvaient être confrontés à la réalité du terrain. Et ce qui devait arriver arriva, c’est-à-dire que des maisons totalement inondées allaient pouvoir demeurer, alors que d’autres absolument intactes allaient être démolies. Une fois de plus, la conjonction de la vitesse et du principe de précaution allait créer désordre et confusion. Il faut bien admettre que le loupé de la grippe A n’aura servi à rien et que l’Etat s’apprête sans discernement à dépenser des milliards supplémentaires comme si nos finances publiques pouvaient encore se le permettre. A-t-on seulement calculé s’il ne serait pas moins coûteux d’établir ou de renforcer les digues plutôt que de détruire des maisons édifiées avec la bénédiction des pouvoirs publics ; lesquels par leur incurie jettent dans la désolation et la tristesse des centaines de gens qui leur avaient fait confiance et qui ont été trahis ?
La liberté ne se négocie pas

Non négociable ! Comme si l’on n’était plus dans un état de droit et que les citoyens français n’avaient plus le droit d’exercer de recours alors même que la faute incombe à l’Etat et qu’à ce titre, le principe même de la réparation peut et doit être discuté. Les représentants de l’Etat se comportent comme des dictateurs alors que visiblement rien n’a été fait pour prendre en compte toutes les données du problème et que l’on considère les citoyens comme incapables de se prendre eux-mêmes en charge. On peut en effet comprendre que certains d’entre eux traumatisés par ce qu’ils ont vécu ne souhaitent pas rester sur le lieu de leur cauchemar et souhaitent être indemnisés au plus juste prix. Mais il y a les autres, qui pendant des années ont vécu sur les lieux une existence paisible et qui entendent rester dans leurs maisons. On n’a pas obligé la population à se faire vacciner, alors pourquoi l’obligerait-on à quitter des maisons dans lesquelles ils souhaitent rester ? Ils sont assez grands pour prendre leur responsabilité et risquer leur bien et leur vie puisqu’évidement la collectivité s’ils font le choix de rester, ne les protègera plus financièrement. Cela s’appelle tout simplement la liberté, et la liberté ne se négocie pas, elle est tout simplement dans la Constitution.
 

  Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.