L’acharnement

La fin de l’été nous fait vivre un suspense permanent au sujet de la Grèce, de sa dette et l’inquiétude de savoir si oui ou non, elle sera en mesure de rembourser, avec comme corollaire sa sortie de l’Euro. Chacun des pays de la zone concernée œuvre pour essayer de sortir d’une impasse dont on pressent la dangerosité, mais on n’entend personne pour poser la question du pourquoi les responsables politiques ont choisi de nous conduire dans une direction qui n’est pas la bonne en faisant tout pour nous y maintenir ? Conscients de leurs erreurs, ils essaient désormais par tous les moyens de doter l’Europe de tous les garde-fous que jusqu’à maintenant elle n’avait pas. Le principe d’entraide dans le cas où l’un deux serait défaillant financièrement, la règle d’or qui inscrit dans le marbre l’interdiction des déficits budgétaires, la possibilité pour la banque européenne de couvrir les obligations des pays de la zone et pourquoi pas la création d’un ministère européen pour gérer tout cela ? Tout cela est bel et bon mais on est en droit de se demander pourquoi il aura fallu les craintes sur la Grèce et l’Irlande ou encore le Portugal pour mettre en œuvre des dispositions et prévenir les difficultés désormais devant nous. Le plus grave peut-être, c’est qu’en voulant créer une Europe unie, on est entrain de courir le risque d’entraîner dans de graves difficultés des pays qui sans être des plus vertueux avaient une économie saine et contrôlée. Devant une telle désorganisation et un tel manque de lucidité, on peut comprendre pourquoi les spéculateurs ont beau jeu de tondre la laine sur notre dos. Les banques entraînées dans des mouvements spéculatifs des plus hasardeux essaient de se recapitaliser dans un contexte où la méfiance qui est de rigueur rend la chose des plus difficiles.

Faute politique et psychologique

Dans un tel contexte, il paraît indispensable de sauver encore ce qui peut l’être mais surtout de faire preuve de bon sens en tenant compte de la diversité des peuples d’Europe. Les guerres que l’on évoque sans arrêt pour justifier sa construction ont justement servi à la création de la mosaïque qui la constitue. Ne pas prendre en compte la diversité et les particularités de chacun des Etats est une faute politique et psychologique. Avoir pensé qu’en créant l’Euro, on allait gommer et uniformiser des siècles de pratiques individuelles a été une erreur fondamentale, et continuer à s’arcbouter sur cette erreur peut conduire l’Europe et ses peuples à des conflits que justement on voulait éviter. En souhaitant que l’épisode actuel ne soit qu’un orage salutaire, il va falloir adapter sa construction en respectant les diversités pour en faire non pas une contrainte mais une richesse. Les peuples aspirent à la liberté. Ils ne veulent pas d’une construction basée sur la contrainte, mais d’une construction qui mette en valeur les richesses qui ont permis aux peuples de devenir et de rester autonomes. L’Europe devra ressembler à la corbeille de la mariée qui amène sa dot pour que le couple vive heureux et s’épanouisse.



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