La tribune d’Yves Pietrasanta

 « Interdiction européenne d’usage de certains pesticides : une victoire en forme de sursis pour l’apiculture »

 

Nous l’attendions avec impatience. La Commission Européenne vient d’interdire pour

deux années l’usage de pesticides contenant des néonicotinoïdes pour les cultures de maïs, colza, tournesol et coton. L’effet dévastateur de ces produits chimiques sur les colonies d’abeilles avait été dénoncé il y a quelques mois par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Cette décision européenne – qui n’a pas fait l’unanimité, loin de là – était indispensable pour protéger temporairement la filière apicole et plus largement le vivant.

Nous saluons ainsi cette décision de moratoire pour deux ans, mais ce n’est pas assez. L’Union Européenne devrait imposer une ligne claire, définitive et

inconditionnelle. Or l’interdiction ne concernera que certaines cultures et

certaines périodes de l’année pendant lesquelles les abeilles sont actives. Et les substances toxiques concernées resteront encore présentes dans le sol après deux années.

Sachant que la France est le premier pays européen utilisateur de pesticides, et

qu’environ chaque repas contiendrait 21 résidus de pesticides, il est grand temps que le gouvernement français s’engage dans le développement d’une agriculture saine.

Le gouvernement pourrait notamment lancer un vaste plan de production agricole écologiquement propre :

- former le milieu agricole aux principes de l’agriculture durable

- inciter financièrement le développement de l’agriculture biologique : aides,

crédits d’impôts, …

- soutenir les débouchés de l’agriculture biologique : cantines scolaires,

approvisionnement des structures de la distribution, …

Des solutions existent, encore faut-il avoir le courage d’affronter les lobbies de l’industrie

agro-alimentaire. Nous devons aujourd’hui développer une agriculture non polluante et

respectueuse des différents écosystèmes.

 

Yves Pietrasanta est Président de Génération Ecologie. Il est aussi Vice-président de la région Languedoc-Roussillon.

Mail : vandingenen.muriel@cr-languedocroussillon.fr

 

« Nous saluons ainsi cette décision de moratoire pour deux ans, mais ce n’est pas assez.»



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