La Syrie… Et après ?

Françis Manaud

Il y a peu de temps encore, il était question de faire l’Union de la Méditerranée. Depuis quels changements ! La révolution dans les pays arabes, avec la chute des principaux leaders, les difficultés économiques de la Grèce sans exclure celles de l’Italie et de l’Espagne et la sempiternelle question Israélo-palestinienne ont eu raison de cette idée sitôt émise, sitôt oubliée. Oubliée d’autant plus que la situation en Syrie vient compliquer encore plus un climat de plus en plus tendu. Le traitement militaire de l’opposition à Bachar el Assad devient un véritable casse tête pour la communauté internationale qui voudrait bien intervenir au nom des droits de l’homme comme cela avait été le cas en Lybie. Seulement l’opposition de la Russie et de la Chine à l’Onu rend toute intervention impossible et l’on assiste impuissant au massacre des plus faibles de la population. On peut légitimement se poser le pourquoi de ces deux vétos tant il est flagrant que le régime a recours aux moyens militaires les plus durs pour réprimer la colère du peuple et ce sans aucune retenue. La réponse réside certainement dans la structure de ces deux nations, amalgames hétéroclites qui doivent faire parfois face à des oppositions qu’elles sont amenées à traiter de façon brutale.

 Pourquoi un tel acharnement ?

 Leur force et leur puissance nous interdisent alors d’intervenir et ceci explique cela. Mais on peut aussi au même titre se poser la question de savoir pourquoi le dirigeant d’un pays a recours à de telles extrémités pour mettre au pas son opposition ? Bachar el Assad est un homme cultivé imprégné de la civilisation occidentale, il devrait comprendre qu’il n’y a aucune issue possible à vouloir contraindre le peuple par la force d’autant que les instances internationales se sont données les moyens sinon de recourir à l’Onu, mais pour le moins à la juridiction compétente, c’est-à-dire à la cour pénale internationale. Devant de tels risques pourquoi un tel acharnement ? Il faut croire que ces dirigeants qui se croient plus au moins de droit divin ne sont plus maîtres de leur jugement et que d’une façon ou d’une autre, ils ne sont plus les maîtres de leurs mouvements. Au-delà d’eux-mêmes et de leur pouvoir, ils sont les défenseurs de tout un système qui les soutient et qui ne veut en aucun cas perdre ses privilèges. Ce système maintient dans l’erreur et dans l’illusion celui qui leur permettra de prolonger un statut qui les autorise à bien vivre fusse au détriment du peuple qui n’en peut plus et se révolte. A bien y réfléchir, nos systèmes démocratiques fonctionnent plus ou moins de la même façon, quand on voit le clientélisme autour de nos hommes politiques. La position géographique de la Syrie alliée de l’Iran et voisine d’Israël, rend toute intervention extérieure dangereuse et quasiment impossible. Il va donc falloir assister longtemps encore à l’agonie d’une opposition qui subit un véritable martyre. Et si l’on faisait comprendre à la Russie et à la Chine qu’elles peuvent souffrir d’un isolement commercial ? Ce serait courageux et mettrait peut-être l’intérêt des peuples au niveau de l’intérêt économique ?



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