La réforme territoriale

Une des grandes faiblesses de la France dans le contexte actuel de la mondialisation, c’est bien la complexité de son administration. En effet, depuis la création des départements, les gou- vernements successifs n’ont eu de cesse que d’ajouter des échelons administratifs lesquels ont considérablement compliqué le parcours des dossiers de quelques sortes qu’ils soient. A tel point qu’il arrive aujourd’hui que l’on ne sache plus qui fait quoi et quand. Le mal vient essentiellement du fait qu’à chaque fois que survient une difficulté quelconque, on a tendance à créer une loi ou un texte sensé résoudre le problème quand ce n’est pas un échelon nouveau dans la jungle déjà épaisse qui régit les collectivités locales. Département, région, communauté de communes, communauté d’agglomération, mairies, métropole, sont autant d’obstacles auxquels viennent se heurter les citoyens et plus encore les étrangers qui auraient la volonté de s’installer dans notre pays. Que dirait-on d’un dictionnaire auquel on ne ferait qu’ajouter des mots sans jamais en supprimer alors même que certains seraient devenus obsolètes ? Il est donc grand temps de procéder à un dépoussiérage salutaire pour aller vers la simplification des choses avec une définition précise de qui fait quoi. La réforme territoriale proposée par le Président de la République va dans le bon sens dans la mesure où elle implique une contraction département/région sans pour autant faire disparaître l’une et l’autre, en préservant les susceptibilités de celles et de ceux qui sont à leur service.
Manœuvre électorale

Passer de 6.000 élus à la moitié ne peut aller que dans le bon sens au plan des finances mais faut-il se réjouir pour autant ? La décentralisation a fait glisser les compétences de l’Etat vers les collectivités locales, ce qui a entraîné des besoins matériels et humains. Cela s’est traduit par des agrandissements de locaux ainsi que par une augmentation du personnel. Rien ne prouve donc que les nouvelles dispositions ne vont pas accroître la tendance déjà amorcée. Cependant cet effet d’annonce ne pourra que séduire les électeurs persuadés à tort ou à raison de l’économie réalisée. Ce qui sans nul doute posera problème, sera le mode d’élection des conseillers territoriaux. Le suffrage uninominal à un tour pour 80 % d’entre eux tourne le dos à la tradition de la cinquième république et jette la suspicion sur les intentions du Président de la république. En effet, si la droite est souvent en tête au premier tour, la gauche avec les réserves de voix de ses divers partis retourne la tendance au second tour. Il y a bien sûr là une manœuvre électorale qui jette une ombre sur une intention pourtant louable de simplification des arcanes administratifs. Les modalités d’application devront être sérieusement revisitées pour qu’elles n’apparaissent pas comme une simple prise en main de l’exécutif à tous les échelons de l’appareil décisionnaire. Quoiqu’il en soit, si cette réforme permet à notre pays de jouer dans la cour des grands sur le plan économique, on aurait tort de s’en priver. Pour le reste, il suffit de faire confiance aux hommes, il n’y a rien qui nous permette d’en douter.  

 Francis Manaud


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