La provocation

C’est l’un des moyens les plus sûrs pour enflammer le monde, et c’est un moyen qui se développe dans toutes les strates de nos sociétés modernes avec comme conséquence la création de blocs de plus en plus radicaux. L’un des vecteurs les plus employés, c’est la communication avec le formidable développement qu’elle a connue tant avec internet, qu’avec les réseaux sociaux qui canalisent les sentiments les plus divers et parfois les plus dangereux. Sans que l’on s’en rende compte, les réseaux sociaux par les choix que l’on est amené à faire, permettent peu à peu de déterminer notre personnalité et nos aspirations. Dès lors, il devient facile de nous identifier à certains groupuscules qui vont nous instiller le venin destiné à nous opposer à certains groupes d’individus sur leur croyance, leur comportement ou encore leurs idées politiques. Dernièrement des images ont circulé sur la toile montrant à Paris des rues entières occupées par des musulmans en prière ; faute de lieux de culte pour partager leur foi. Il est bien évident que l’espace public dans un pays laïque ne peut être utilisé à des fins religieuses surtout dans un pays comme la France que l’on sait par ailleurs de culture éminemment chrétienne. Cet événement des plus regrettables n’a pas manqué d’être un motif de polémique destiné à attiser les rancœurs entre deux religions déjà marquées par des siècles d’oppositions qui ne demandent qu’à resurgir à la moindre étincelle.
Un jeu dangereux

Cette étincelle a fait récemment des morts dans des églises chrétiennes à Bagdad puis au Caire ; villes dans lesquelles des bombes ont explosé. Visiblement et de plus en plus, on tente d’opposer religions et cultures qui tendent à s’exporter sans aucun respect pour les pays d’accueil et sans faire l’effort nécessaire à une intégration réussie. Le tchador veut s’imposer en occident tandis que nos mœurs libertaires essaient en vain de conquérir l’Orient. Tout se croise et s’exporte sans tenir compte des sensibilités qui sont à la base même des cultures et des civilisations qui sont les racines profondes des peuples. Tout va désormais trop vite et l’on ne laisse pas le temps nécessaire aux respirations qui permettraient de comprendre et d’accepter. En allumant les mèches de la provocation, les extrémistes de tous poils jouent un jeu dangereux qui risque bien un jour de leur exploser au visage. Souhaitons que la sagesse l’emporte et que la vengeance ne submerge pas un monde de plus en plus déboussolé. Soyons assez sages pour ne pas être les colporteurs des provocations de toutes sortes qui n’ont qu’un seul but : évincer ceux qui ne pensent pas comme nous. Soyons tolérants sans toutefois être faibles, sachons nous faire respecter en respectant les autres. C’est de cette attitude que naîtra un monde de respect mutuel sans lequel il est à craindre qu’une nouvelle fois il s’embrase. Le monde moderne est à l’orée de découvertes magnifiques. Faisons en sorte de ne pas les gâcher avant même qu’elles n’aient produit leur plein effet au bénéfice de tous.    
 

Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.