La priorité

Francis Manaud

Dès le premier jour de son investiture, on aurait pu penser que le nouveau Président de la république aurait envoyé un signal fort aux Français dans le cadre de la politique intérieure. Si l’on exclut son obligation de nommer un nouveau gouvernement avec les bousculades qu’il implique, c’est vers la chancelière allemande que vont aller ses premiers pas. Ce geste est on ne peut plus symbolique puisqu’il laisse à penser que les vrais problèmes de notre pays ne sont pas internes mais bien réellement externes. De fait, il est bien réel que c’est l’Europe notre souci majeur, non pas en tant que telle, mais en tant qu’une organisation qu’il va falloir d’urgence modifier voire repenser en totalité. Désormais deux visions vont s’affronter. Celle qui va consister en une fédération pure et simple avec comme lien commun l’Euro dont on aurait pu penser jusqu’au problème grec qu’il était l’atout principal, et une confédération qui conserverait à chacun des pays concerné une autonomie de gestion jusqu’à parvenir à un équilibre économique favorisant à terme la fédération souhaitée. L’Europe est jusque-là allée très loin dans la première direction et il semble qu’elle veuille continuer voire accentuer cette option. Pourra-t-elle faire machine arrière en cas d’échec ? C’est une question qui va se poser avec de plus en plus d’acuité surtout si le problème grec ne trouve pas de solution rapide ; ce qui ne semble pas être le cas. Combien de temps encore l’Allemagne acceptera-t-elle de servir de caution à l’Euro jusqu’à mettre en péril sa propre économie ?

Associer des entreprises communes

Désormais il est exclu pour elle que la croissance européenne passe par l’artifice de l’accroissement de la dette ; ce que semble pourtant vouloir faire le nouveau président français. Il faut admettre qu’une fois pour toutes, la croissance ne pourra se faire durablement que par la création de richesses et donc par une croissance excédentaire du commerce extérieur. Il faut bien sûr par là entendre le commerce hors la zone européenne, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle puisque même l’Allemagne ne progresse que par son commerce zone Euro. On ne pourra durablement fédérer les pays européens qu’en les associant à des entreprises communes comme celles d’Airbus ou d’Ariane qui exportent avantageusement vers les autres pays du monde. D’autres exemples sont possibles dans le domaine des nouvelles technologies, les trains à grande vitesse ou encore les applications à venir sur la fission nucléaire. Il faut que chacun des pays d’Europe puisse investir en fonction de ses moyens quitte à être aidé par les autres pour pouvoir à terme bénéficier des revenus investis. C’est ainsi que peu à peu pourra se faire une intégration qui s’est voulue beaucoup trop rapide par la création de l’Euro. Il n’a servi à ce jour qu’à mettre les peuples en concurrence jusqu’à risquer un éclatement populaire ce qui serait l’inverse de l’effet escompté. Faire marche arrière sera sûrement difficile et sacrificiel. Tout passera par un contrôle de nos élus et de leurs conseils qui nous ont hélas à ce jour engagé dans une impasse.



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