La médiation, du gagnant-gagnant

Si les 145 patients victimes de l’accident de sur-irradiation de l’hôpital Rangueil de Toulouse survenu en 2006-2007 n’avaient pas bénéficié d’une médiation, ils n’auraient pas été indemnisés au bout de seulement deux ans et demi. La récente décision de non-lieu prise le 17 septembre dernier par le Juge d’Instruction aurait encore un peu plus éloigné leur espoir d’être reconnu comme victimes. Cette affaire exceptionnelle et très médiatisée met en lumière tout ce que ce processus de règlement alternatif des litiges peut apporter aux justiciables en termes de rapidité et d’efficacité. Et cela quel que soit l’intérêt du litige ou la nature de l’affaire : trouble de voisinage, différend entre commerçants, mésentente entre associés ou entre membre d’une même famille etc… De surcroît, la médiation présente l’indéniable avantage de donner aux règlements des litiges une pérennité que ne peuvent apporter ni le Juge, ni l’arbitre, ni le conciliateur. Le médiateur, en effet, -tiers neutre et indépendant- aide les parties à se parler directement, à identifier les causes de leur conflit et enfin à élaborer ensemble la solution. N’ayant pas été imposée, elle sera pérenne ; sans vainqueur, ni vaincu, c’est du gagnant-gagnant. En cela, le rôle du médiateur est essentiel. Formé à cette méthode qui vient s’ajouter à son expérience professionnelle, c’est un facilitateur qui prend en considération bien au-delà des seuls aspects juridiques, toutes les dimensions psychologique et sociale. En créant il y a deux ans et demi l’Association Médiateur Ad Hoc, nous avons voulu que des hommes et des femmes issus d’horizon professionnels très différents : avocat, notaire, expert-comptable, expert en construction, enseignant, responsable de ressources humaines, inspecteur d’assurance… mettent en commun leur savoir faire pour concevoir une justice différente. Nous souhaitons nous ouvrir encore à d’autres professions, car la médiation ne connaît aucune exclusion et répond à l’évolution des mœurs actuelles dans le sens de la consensualité, de la convivialité de l’apaisement et du bonheur. Par la diversité de ses membres, la richesse et la variété de leur expérience professionnelle, l’Association Médiateur Ad Hoc est unique en son genre. Outre la pratique de la médiation, elle consacre une grande partie de son activité à promouvoir le processus de médiation dans tous les milieux économiques, juridiques, sociaux en allant à la rencontre des chefs d’entreprise (notamment dans les secteurs de la construction et de l’immobilier prolifiques en litiges), des professionnels du droit (notaires, huissiers, magistrats consulaires…) du chiffre (experts- comptable), des associations syndicales, sportives, d’élus municipaux… Malgré l’intérêt qu’il présente et qu’il suscite depuis son inscription dans le Code de Procédure Civile, ce mode alternatif de règlement des conflits reste encore par trop méconnu du grand public et même des professionnels. 5 % des affaires seulement trouvent une solution en médiation alors que dans les pays anglo-saxons où elle est entrée dans les mœurs, 80 % des dossiers y sont réglés en tout ou partie par une voie amiable. Le recours à la médiation ne peut donc que s’amplifier.

Nous y contribuons activement et y sommes encouragés par le témoignage de tous les « médiés » qui ont ainsi pu régler durablement leur litige et qui se félicitent au-delà d’avoir rétabli le dialogue et le lien social ou économique.

 

Robert-François Rastoul, Avocat au Barreau de Toulouse.

Il conseille et plaide depuis 38 ans.

 

Particularité :

 

Son expérience professionnelle l’a convaincu des limites du contentieux judiciaire et de la nécessité d’une autre conception de la justice. Il a fondé en 2008 l’association MEDIATEURS AD’HOC.

 

Mail : mediateursadhoc@orange.fr



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