La Grèce malade de l’Euro

Il a fallu que les ministres des finances de l’Euro groupe se réunissent avec le FMI pour se pencher au chevet de la Grèce, malade de sa façon de vivre. Rien dans le fameux traité de Lisbonne n’avait prévu que les pays puissent venir en aide à l’un des leurs dans le cas de difficultés financières. C’est dire avec quel soin les clauses de ce traité ont été élaborées. Mais c’est également dire avec quel soin les critères d’admission des pays ont été suivis et respectés. Il est à craindre désormais que l’on découvre de nouvelles fraudes et pourquoi pas si l’on veut sauver l’Euro ne pas être tenus à secourir d’autres pays de la faillite. Pour mieux faire passer la pilule, les ministres nous disent qu’il s’agit d’un prêt en capital avec intérêts, ce qui ne coûtera rien à la collectivité. Qui pourra raisonnablement nous faire croire que l’Etat Grec avec un déficit public de 14 %, pourra rembourser sa dette dans les années à venir avec la tendance ancestrale de ce pays de recourir au déficit public ? La promesse de ses dirigeants de contenir ce déficit au niveau du pacte de stabilité n’est faite que pour solutionner les problèmes immédiats. Les mesures drastiques imposées au peuple grec pour y parvenir, ne peuvent que provoquer des mouvements incontrôlables et conduire au chaos sans pour autant régler le problème. Le véritable problème, c’est l’Euro qui se voulait être le ciment de l’Europe, mais hélas un ciment appliqué sur des économies et des mentalités tellement différentes que les fissures ne pouvaient qu’apparaître.

Contagion ?

En refusant d’intégrer ce groupe, le Royaume Uni conscient des difficultés qui ne manqueraient pas d’intervenir, a clairement marqué sa clairvoyance en matière économique. Car quelle est désormais la solution pour raisonnablement sortir de la crise dans laquelle nous sommes ? Dans un premier temps bien sûr, renflouer la trésorerie de la Grèce pour lui éviter la faillite et arrêter la spéculation qui à terme entraînerait la chute de l’Euro. En ce faisant, il faut être conscient, que nous demandons aux pays intervenants des sacrifices qui viennent s’ajouter à ceux consentis par la crise économique. Dans un deuxième temps, il est impératif que la Grèce sorte de l’Euro groupe et revienne à sa monnaie nationale car elle ne pourra redresser ses comptes que comme elle l’a toujours fait en favorisant l’inflation et en évitant ainsi de dangereux mouvements populaires. La vertu de l’Euro ne peut que difficilement convenir aux peuples latins qui ne peuvent se soumettre à la rigueur allemande. Il est à craindre que la sortie de l’Euro ne provoque une contagion qui mettrait l’Europe à la merci d’une mondialisation toujours prête à se jeter sur les plus faibles. Une fois de plus, l’on ne peut que constater que la réunion des pays au sein de l’Europe aura du mal à se faire compte tenu des habitudes, des mentalités et de l’histoire de chacun. L’union ne peut se faire dans l’ignorance des peuples et de leur culture. C’est pour cela qu’il faudra du temps et de la patience, ce qui semble manquer à nos dirigeants. Il faudra qu’ils s’en imprègnent.

Francis Manaud


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