La grande distribution

Un grand nom de la non moins grande distribution s’attaque depuis quelques semaines par publicité interposée au monopole de la pharmacie par le biais des médicaments non remboursés. Il y est fait le constat que n’obéissant pas à la règle des prix imposés ceux-ci peuvent varier d’une officine à une autre jusqu’à 30 %. Alors le grand Zorro sur son noir destrier vient à la défense du consommateur pour lui faire gagner du pouvoir d’achat et au passage essayer de planter un coin dans le monopole pour s’emparer d’un marché juteux au prétexte fallacieux d’être profitable au consommateur. Car à n’en pas douter, c’est la grande distribution qui va permettre aux prix de baisser. Ce n’est pas pourtant ce que disent les vignerons, les producteurs de lait ou autres agriculteurs qui savent à combien leurs sont achetés leurs produits et à combien on les trouve dans les rayons des super marchés. Quand le consommateur français acceptera-t-il d’ouvrir les yeux et de porter un regard critique sur une forme de distribution qui lui est plus ou moins imposée et dont il est devenu dépendant comme le fumeur l’est de la cigarette ? Ce modèle de commerce nous a été imposé par les Etats-Unis comme les fastfoods et autres drive-in, uniquement pour nous complaire dans l’absence d’effort et en nous promettant, sans en apporter la preuve, que leurs prix sont les meilleurs du marché. Ils nous attirent par les prix cassés des carburants car ceux-là nous pouvons les comparer au marché traditionnel.
Bien du consommateur ?

La conséquence ne s’est pas faite attendre et les trois quarts des pompes à essence du territoire ont disparu et avec elles, les emplois induits. Ils ont rendu captifs des centaines d’industriels auxquels ils imposent leur prix sans parler des fameuses marges arrière qui permettent plus ou moins la vente à perte pourtant interdite par le code de commerce. Ne pas accéder à leur diktat, c’est la certitude du dépôt de bilan avec là encore, les conséquences sociales qui en découlent. A entendre parler leurs dirigeants, ils sont là pour le bien exclusif du consommateur, lequel n’a en fait aucun moyen pratique de vérifier si les prix pratiqués sont concurrentiels à l’exception peut-être des promotions qui ne représentent qu’une infime partie des produits vendus. Pour en revenir au problème des médicaments non remboursés, personne ne nous fera croire que si les grandes enseignes s’intéressent au sujet, c’est pour l’amour des clients. En réalité, elles veulent par ce moyen augmenter leur chiffre d’affaire, s’imposer au près des laboratoires avec l’espoir qu’un jour ils intégreront des officines dans leur périmètre marchand. Et comme les stations d’essence, les pharmaciens disparaîtront et les patients s’apercevront mais un peu tard, de la qualité du service de proximité qui leur était rendu. Puisque l’on parle ces derniers jours d’identité nationale, l’identité de notre pays, c’est aussi sa taille qui n’a rien de la gigantesque Amérique. Ayons des centres de distribution des biens à notre taille, proches des citoyens, et ne favorisons pas ces monstres qui en réalité n’ont qu’un seul but : rémunérer le capital investi. Ils sont six à se partager le marché, qu’adviendra-t-il si nous ne réagissons pas ? Gageons qu’ils s’entendront sur le dos de notre portefeuille. Alors il sera trop tard !  

 Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.