La France sur tous les fronts

Voici donc la France engagée sur trois fronts : l’Afghanistan, la Libye et maintenant la Côte d’Ivoire.
En prenant sa justification des mandats de l’Onu, c’est donc en toute légitimité qu’elle peut et doit intervenir. C’est l’occasion pour elle de renouer avec le prestige qui en d’autres temps avait sa grandeur, même si aujourd’hui elle n’intervient plus seule et si le but recherché semble difficile voire impossible à atteindre. Le but de ces interventions : protéger les populations civiles des atteintes militaires, quoi de plus noble, tandis qu’en filigrane, il n’est pas interdit de penser qu’une telle agitation peut aussi cacher la volonté du pouvoir de se refaire une santé au moment où les sondages sont au plus bas. Se tourner vers l’extérieur au moment où l’intérieur est en panne est aussi une possibilité que l’on ne peut pas totalement écarter. En fait, on est en droit de se demander si toutes ces interventions militaires ont un jour une chance d’aboutir et si la finalité recherchée sera atteinte. Déjà en Afghanistan les choses traînent en longueur, nos soldats se font tuer et les échecs antérieurs de la Russie et des Etats-Unis ne présagent rien de bon. Plus le temps passe et plus les populations ont l’impression que leur pays est occupé même si l’on s’efforce parallèlement d’améliorer leur quotidien. Même si la liberté a un prix, a-t-on le droit de l’imposer par la force ? Dans la foulée de la Tunisie et de l’Egypte, on a cru semble-t-il un peu trop vite, que le peuple libyen voulait se débarrasser de son président le colonel Kadhafi.
La question de l’approvisionnement en armes

Il est vrai que cette personnalité ambiguë ne bénéficiait pas d’un a priori favorable bien que les puissances du monde entier l’aient absout de tous ses crimes et de tous ses excès. Puissamment armé par ces mêmes puissances, on doit bien se rendre à l’évidence qui est de constater qu’une partie de son peuple le défend et que par conséquent il est difficile de le forcer à quitter le pouvoir. Il semble là aussi que les renseignements et les diplomaties aient mal jugé de la réalité du terrain. Même constat pour la Côte d’Ivoire avec le refus de Gbagbo de quitter le pouvoir à la suite d’élections qui se sont voulues démocratiques. Là encore, on doit se rendre compte que dans ces pays avec une élection à 51 contre 49, la tentation est grande de vouloir inverser la tendance par les armes. Et encore une fois ce sont les populations civiles qui font les frais d’ambitions personnelles voire claniques. On peut alors se poser aussi la question de l’approvisionnement en armes dans ces pays dont on connaît l’instabilité politique. Il est tout de même paradoxal que les grandes puissances soient amenées à lutter contre des armes qu’elles ont elles-mêmes fournies en faisant courir les pires risques aux hommes envoyés sur les sites d’affrontements. La sagesse voudrait qu’une bonne fois pour toutes, les grands pourvoyeurs s’entendent pour cesser ces approvisionnements meurtriers. En ne procédant pas ainsi, on est en droit de se demander s’ils ne sont pas complices des crimes contre l’humanité qu’ils sont si prompts à mettre en avant dans tous ces conflits ? La réponse appartient aux marchands d’armes. Il paraît que le marché en est des plus lucratifs !    

Francis Manaud




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