La France et son football

Francis Manaud

Finalement quand on a vu jouer l’Espagne dans les phases finales de l’Euro de football, on peut considérer quela Francebattue par cette équipe, cela n’a rien d’anormal. Après son pitoyable comportement lors du mondial, le redressement s’est doucement amorcé grâce à un entraîneur compétent et respecté. Toutefois bien des questions restent posées quant au choix qui doit être fait sur la composition de l’équipe pour la rendre totalement efficace lors des matches cruciaux qu’elle doit discuter. Il est une évidence indiscutable que certains des joueurs sélectionnés sont plus efficaces dans les équipes qui les emploient que dans l’équipe nationale ou ils semblent traîner des pieds. Lorsque l’on essaye d’en trouver la raison, une réponse vient immédiatement à l’esprit : l’intérêt financier plus important dans un cas que dans un autre. Ces joueurs-là qui opèrent au plus haut niveau mondial, n’ont plus rien à prouver si ce n’est à maintenir leur image au sein de leur club pour continuer à percevoir des salaires mirifiques et à jouir de l’enthousiasme de leurs supporters étrangers. Car il faut bien en convenir, leurs supporteurs ne sont pas les supporteurs français, mais sûrement ceux des équipes qui les emploient. A partir de cette constatation, on peut sérieusement se poser la question de savoir quels sont les meilleurs éléments qu’il faut réunir pour composer une équipe la plus efficace possible.

La seule compétence ne suffit pas

S’il suffisait pour cela de réunir les meilleures individualités ce serait chose relativement facile, et peut-être les sélectionneurs nationaux ont-ils trop tendance à privilégier cet aspect des choses ? Ils vont pour cela de stades en stades et finissent par évaluer les meilleures performances des uns et des autres sans aller au-delà pour imaginer l’amalgame indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble. Bien sûr la sélection des meilleurs éléments paraît chose évidente, mais il faut aller bien plus loin comme le font les recruteurs dans les entreprises car la seule compétence ne suffit pas, l’esprit d’entreprise comme celui de l’équipe doit être un facteur de choix prépondérant. Rien ne peut se faire dans ce domaine sans la volonté farouche de voir triompher le maillot que l’on a sur ses épaules en dehors de toute préoccupation mercantile. Quand on la regarde, l’équipe de France n’est ni plus ni moins qu’un raccourci de notre société multiculturelle et multi originelle. On ne peut reprocher aux hommes qui la composent de garder au font d’eux-mêmes les réflexes qui sont parties composantes de leurs origines. Pourtant vouloir défendre le maillot tricolore doit faire abstraction de ces considérations pour assurer la cohésion indispensable à l’obtention de la victoire. Ne faut-il pas préférer celui qui chante la Marseillaise à celui meilleur technicien peut-être mais pour qui la patrie n’est ni plus ni moins qu’une nation comme une autre ? Et de jeunes surdoués qui ont appris que les valeurs humaines sont bien plus importantes que le montant du chèque des transferts ? Décidément ne faudrait-il pas que le sélectionneur s’entoure dans son choix de savants psychologues pour constituer l’équipe idéale et faire rêver des supporters qui en ont bien besoin ?



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